Le programme NEKKAL marque une étape majeure dans la modernisation de l’état civil au Sénégal. À l’occasion du comité de pilotage final du projet, tenu ce lundi, les autorités ont dressé un bilan largement positif des réformes engagées pour renforcer le système d’information de l’état civil et consolider un fichier national d’identité biométrique.
Représentant le ministre de l’Urbanisme, des Collectivités territoriales et de l’Aménagement des territoires, le conseiller technique Pape Ngor Thiaw a mis en avant les résultats obtenus grâce à ce programme financé par l’Union européenne, mis en œuvre par Civipol et Enabel, avec l’Agence nationale de l’état civil (ANEC).
« Le programme NEKKAL apporte une réponse concrète aux enjeux de modernisation de l’état civil et les résultats obtenus parlent d’eux-mêmes », a déclaré M. Thiaw. Sur le plan juridique, le projet a permis la validation d’un projet de loi sur l’informatisation de la gestion des faits d’état civil, de son décret d’application ainsi que des textes relatifs à la reconstitution et à la conservation des registres. Une Stratégie nationale de l’état civil a également été validée afin de servir de cadre de référence aux futures interventions dans ce secteur stratégique.
Les avancées sont également significatives en matière d’équipements et d’infrastructures. Le Sénégal dispose désormais de 26 centres d’état civil modernes, tandis que 65 motos ont été remises aux communes pour faciliter les interventions de terrain. Le programme a aussi permis la dotation de 1.200 ordinateurs et 1.000 imprimantes au profit des centres d’état civil, ainsi que l’élaboration de 32 plans communaux de coordination.
La numérisation des archives constitue l’un des principaux acquis de NEKKAL. Au total, 10 millions d’actes d’état civil ont été numérisés et 20 millions indexés, une avancée majeure pour la préservation de la mémoire administrative nationale et l’amélioration de l’accès aux documents administratifs.
Le programme a également investi dans le renforcement des capacités avec une stratégie nationale de formation, la production de six capsules pédagogiques, la formation de 30 formateurs et de plus de 4.000 acteurs de l’état civil. À cela s’ajoutent une stratégie nationale de communication et 25 ateliers de sensibilisation ayant réuni 830 agents issus de 32 communes prioritaires.
Sur le volet numérique, les progrès sont tout aussi notables. Quatre cents centres d’état civil sont désormais interconnectés grâce à une plateforme de services. Le projet a aussi permis le développement d’un outil de notification des naissances et des décès destiné aux structures sanitaires ainsi qu’une application de gestion de l’état civil consulaire pour les Sénégalais établis à l’étranger.
Présent à cette rencontre, l’ambassadeur de l’Union européenne au Sénégal, Jean-Marc Pisani, a salué des réalisations qu’il considère comme « des actifs stratégiques pour l’État du Sénégal ». Il a réaffirmé la disponibilité de l’Union européenne à accompagner la consolidation des acquis, notamment dans la maintenance des infrastructures numériques, la cybersécurité, la poursuite de la numérisation des archives et l’amélioration de l’interopérabilité entre les administrations.
De son côté, le directeur général de l’Agence nationale de l’état civil (ANEC), Matar Ndao, a estimé que le programme a permis de « bâtir des fondements, d’ouvrir des perspectives et d’amorcer des réformes longuement attendues ».
Il a toutefois rappelé que des défis subsistent en matière de gouvernance, de fiabilité, d’accessibilité des services et de conservation des archives, appelant à poursuivre les efforts pour achever la transformation du système national d’état civil.





























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