L’Alliance Pour la République (APR) a exprimé, dans un communiqué daté du 26 juin, sa « profonde préoccupation face à la proposition de révision constitutionnelle actuellement examinée dans une procédure d’urgence par l’Assemblée nationale ».
Le parti dirigé par l’ancien président Macky SALL estime que cette réforme, qui « ne répond à aucune urgence nationale », intervient au moment où les Sénégalais subissent « une dégradation sans précédent de leurs conditions de vie, marquée par la vie chère, le chômage, les difficultés des entreprises et une crise économique et sociale persistante ».
Pour l’APR, au lieu d’apporter des réponses aux préoccupations quotidiennes des populations, « la majorité parlementaire engage le pays dans un rafistolage constitutionnel dont la seule finalité semble être de régler des équilibres politiques internes au sommet de l’État ». La formation politique dénonce une réforme qui constitue « un recul démocratique inadmissible pour notre pays », pointant notamment « la suppression du statut constitutionnel de l’opposition, l’instauration d’un Exécutif confus et potentiellement conflictuel, ainsi que l’émergence d’un parlementarisme débridé qui rompt l’équilibre des institutions ».
Elle déplore également « un affaissement des prérogatives du Président de la République, sans définir clairement un nouvel équilibre des pouvoirs, créant ainsi les conditions de crises institutionnelles futures », tout en restant « étrangement silencieuse sur les véritables attentes des Sénégalais en matière d’indépendance de la justice et de garanties effectives de l’État de droit ». L’APR estime qu’une révision aussi profonde « qui dénature manifestement le régime présidentialiste, facteur de paix et de stabilité, ne saurait être adoptée par la seule majorité parlementaire », rappelant que « la Constitution est le pacte fondamental de la Nation ; elle appartient au peuple sénégalais et non à une majorité politique ».
Dès lors, toute réforme d’ampleur « doit impérativement être soumise au peuple, seul détenteur de la souveraineté nationale ». En conséquence, l’Alliance Pour la République exige « le retrait immédiat du texte » et appelle « l’ensemble des forces vives de la Nation à se mobiliser pour défendre les acquis démocratiques », insistant sur le fait que les priorités du Sénégal résident dans « la relance économique, la protection du pouvoir d’achat, la création d’emplois, l’instauration d’une justice véritablement indépendante et le renforcement de l’État de droit, et non dans une révision constitutionnelle inspirée par des querelles de leadership ou de contingences conjoncturelles entre le Président de la République et le Président de l’Assemblée nationale ».

























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