
Il est des moments où le décalage entre le discours et les actes devient si manifeste qu’il finit par susciter l’incompréhension, voire l’indignation. La célébration du centenaire de l’ancien Président de la République, Maître Abdoulaye Wade, aurait dû être un moment de mémoire nationale, de transmission et de réflexion sur les valeurs qui fondent l’engagement public. Elle aurait dû être l’occasion de célébrer un héritage politique et de rappeler les exigences de l’éthique républicaine.
Pourtant, ce rendez-vous historique a donné lieu à une scène dont le paradoxe n’a échappé à personne. Le Président de la République a choisi cette tribune solennelle pour délivrer un discours empreint de considérations morales et politiques, se présentant en défenseur des principes qui devraient guider l’action publique.
Or, c’est précisément cette posture qui interroge.
Comment ne pas relever le contraste entre les leçons de morale prodiguées aujourd’hui et les actes politiques posés ces derniers mois ? Comment ne pas s’étonner de voir invoquer avec tant d’assurance les vertus de loyauté, de fidélité et de responsabilité au moment même où beaucoup considèrent que les fondements politiques et moraux qui ont rendu possible l’alternance ont été abandonnés ?
Aux yeux de nombreux Sénégalais, la rupture avec le Premier ministre, M. Ousmane Sonko, figure centrale du projet politique qui a conduit à la victoire électorale, marque bien plus qu’une simple divergence institutionnelle. Elle apparaît comme une rupture avec l’esprit même du mandat confié par le peuple sénégalais. Car nul ne peut sérieusement nier le rôle décisif joué par le président Sonko dans la construction de la dynamique politique qui a porté l’actuel pouvoir.
Mais cette contradiction ne concerne pas seulement le sommet de l’État.
Elle concerne également tous ceux qui, après avoir été portés par le combat collectif de Pastef, après avoir bénéficié de la confiance du parti et de son leadership, ont choisi de demeurer au gouvernement malgré les orientations clairement définies par leur formation politique.
Le débat n’est pas celui du droit à la divergence. Dans une démocratie, chacun est libre de ses choix. Le véritable débat est celui de la cohérence et de la fidélité à la parole donnée.
Lorsqu’un responsable politique accède aux plus hautes fonctions grâce à un projet collectif, grâce à la confiance d’un parti et grâce au soutien d’un leadership qu’il revendiquait hier encore, il lui appartient d’assumer les conséquences de ses choix lorsqu’il décide de s’en éloigner. Ce qui est en cause ici n’est pas la liberté de conscience ; c’est le refus d’en tirer toutes les implications.
C’est pourquoi beaucoup considèrent que ceux qui ont choisi de rester dans le Gouvernement malgré les orientations de Pastef ont rompu un engagement politique et moral fondamental. Ils ont privilégié une autre option politique tout en conservant les avantages attachés aux responsabilités qui leur avaient été confiées au nom d’un projet qu’ils ne défendent plus.
Le plus surprenant demeure cependant la multiplication des interventions médiatiques destinées à justifier ces choix au nom de « l’intérêt supérieur de la Nation ».
L’intérêt national est une exigence noble. Mais il ne peut devenir un argument commode permettant d’échapper à toute interrogation sur la cohérence des actes posés. Il ne saurait être invoqué pour effacer les contradictions, les reniements ou les ruptures de loyauté politique. Au contraire, l’intérêt de la Nation exige davantage de clarté, davantage de responsabilité et davantage de fidélité à la parole donnée.
À force d’invoquer les valeurs qu’ils sont accusés d’avoir eux-mêmes fragilisées, certains responsables finissent par transformer la morale politique en simple instrument de justification. Ils distribuent les leçons de vertu avec une assurance d’autant plus étonnante que leurs propres choix font aujourd’hui l’objet du débat public.
Or, l’autorité morale ne se décrète pas.
Elle ne procède ni des fonctions occupées ni de l’éloquence des discours. Elle naît de la cohérence entre les convictions et les actes. Elle se construit dans la fidélité aux engagements librement consentis. Elle s’éprouve dans la capacité à renoncer à une position lorsque celle-ci devient incompatible avec les principes que l’on prétend défendre.
Lorsque la morale politique devient la chasse gardée de ceux dont les actes sont eux-mêmes contestés au regard des valeurs qu’ils invoquent, elle perd sa crédibilité. Elle cesse d’être une exigence collective pour devenir un simple outil de légitimation.
Face à cette situation, les patriotes ne doivent ni se laisser distraire ni se laisser enfermer dans les polémiques. Le temps n’est plus aux justifications des uns ou aux lamentations des autres. Il est à la poursuite du projet et à la préparation de l’avenir.
C’est pourquoi toutes les énergies doivent désormais converger vers le Congrès du 6 juin 2026, étape décisive dans la consolidation de Pastef et dans la préparation des combats politiques à venir. Ce rendez-vous doit permettre au parti de réaffirmer son unité, de renforcer son organisation et de tracer les perspectives des prochaines échéances électorales.
Il doit également consacrer l’investiture du Président Ousmane Sonko, guide de la Révolution comme candidat de Pastef à l’élection présidentielle de 2029. Une échéance qui se prépare dès aujourd’hui et dont la première étape sera constituée par les élections locales de 2027.
Plus que jamais, les militants et sympathisants doivent demeurer attachés aux valeurs qui ont fait la singularité et la force du projet patriotique : la dignité, la loyauté, le désintéressement, le sens du devoir et la fidélité aux engagements.
Ces valeurs ne doivent pas seulement inspirer Pastef. Elles doivent constituer l’horizon de toute gouvernance responsable et être inscrites au fronton des programmes de toutes les formations politiques qui aspirent à diriger le Sénégal.
Car, au-delà des circonstances et des calculs du moment, une vérité demeure : les peuples accordent parfois le pouvoir à des hommes, mais ils ne font durablement confiance qu’aux principes. Et l’histoire finit toujours par distinguer ceux qui sont restés fidèles à leurs convictions de ceux qui les ont abandonnées au premier carrefour de leurs intérêts.
L’avenir appartient à ceux qui savent préserver leur cohérence, leur loyauté et leur dignité lorsque les circonstances les invitent à y renoncer.
Vive le Pastef-Les Patriotes,
Vive le Gardien de la révolution.
Focus sur le Congrès du 06 et 07.
J’y serai et vous ?
Honorable Matar SYLLA
Inconditionnel du Guide de la Révolution, l’abreuvoir des assoiffés du Patriotisme

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