La Société des mines du Sénégal (Somisen SA), bras armé de l’État dans le secteur minier, se trouve dans une situation critique. Selon le rapport du commissaire aux comptes pour l’exercice clos au 31 décembre 2023, publié en avril 2024 et parcouru par Le Quotidien, la situation financière de l’entreprise publique est alarmante. Bien que la société affiche un résultat net positif de près de 36 millions FCFA pour l’année 2023, ses capitaux propres ont plongé en territoire négatif, s’établissant à moins 25.736.000 FCFA
Cela signifie que les fonds propres sont désormais inférieurs à la moitié du capital social de l’entreprise, un seuil qui déclenche automatiquement une procédure stricte prévue par l’Acte uniforme de l’OHADA relatif au droit des sociétés commerciales et du groupement d’intérêt économique (AUSCGIE). Conformément à l’article 664 de cet Acte uniforme, le conseil d’administration dispose de quatre mois après l’approbation des comptes pour convoquer une assemblée générale extraordinaire. Les actionnaires, en l’occurrence l’État du Sénégal qui détient 100 % du capital, devront alors trancher une question radicale : prononcer la dissolution anticipée de la société ou décider de poursuivre l’activité. Le commissaire aux comptes avertit que la non-convocation de cette instance dans les délais impartis constitue un délit qu’il serait « obligé de révéler au procureur de la République ». Si la dissolution est évitée, la Somisen SA n’aura que deux ans pour reconstituer ses capitaux propres, sous peine de sanctions.
Cette contre-performance financière intervient selon le journal, dans un contexte où l’entreprise publique cumule les difficultés structurelles. L’analyse du compte de résultat fait apparaître une structure de charges importante par rapport aux revenus générés, avec un total de produits s’élevant à 751,5 millions FCFA contre 787,4 millions FCFA de charges, rendant l’équilibre opérationnel particulièrement précaire.
Malgré une mission stratégique claire, la Somisen SA peine à jouer pleinement son rôle.
Le patron de la Somisen a également pointé du doigt une «disparité cuisante» entre la valeur de la production minière et les revenus effectivement perçus par l’État.
Pour l’heure, l’urgence est ailleurs. La procédure OHADA impose à l’État actionnaire de se prononcer sans délai sur le sort de l’entreprise. La pérennité de la Somisen SA dépend désormais d’une recapitalisation urgente ou d’un changement profond de son modèle économique.










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