Malgré le traumatisme de l’accident du 11 mars 2011, une majorité de Japonais prône désormais la relance de l’énergie nucléaire. Principalement en raison de l’inflation, qui n’a jamais été aussi élevée depuis trente ans.
Ce mercredi, le Japon commémore la double catastrophe de Fukushima, survenue le 11 mars 2011.
D’abord un séisme de magnitude 9 suivi d’un tsunami ayant atteint quinze mètres de haut par endroits, qui firent plus de 22.200 morts ou disparus selon le dernier bilan officiel en date.
Puis l’accident nucléaire le plus grave depuis celui de Tchernobyl, en 1986. La centrale de Fukushima-Daiichi, située sur la côte Pacifique, ayant été submergée par la vague géante, le système de refroidissement de trois réacteurs tomba en panne, ce qui entraîna la fusion de leur cœur, des explosions d’hydrogène et des rejets massifs de particules radioactives dans et hors de la centrale.
L’opinion publique a basculé
À la suite de cet accident, les 54 réacteurs nucléaires que comptait le pays furent tous mis à l’arrêt pour vérifier qu’ils ne risquaient pas de connaître des accidents majeurs comme celui de Fukushima. Ensuite, les contraintes en matière de sécurité imposées aux opérateurs de centrales ont été considérablement durcies.
Désormais, seuls 33 réacteurs sont considérés comme opérationnels. Tous les autres, jugés trop vieux et pas assez sûrs, étant promis au démantèlement. Parmi eux, quinze de ces réacteurs, pas plus, fonctionnent aujourd’hui.
Les Japonais, traumatisés par le souvenir de mars 2011 et ses suites, avaient toujours soutenu le choix des autorités de sortir progressivement du nucléaire mais, à la mi-décembre 2025, l’opinion a basculé.
Les sondages ont alors montré que les répondants prônant le redémarrage de davantage de réacteurs, voire la construction de nouvelle centrales, étaient plus nombreux que les opposants à l’atome. À en croire la dernière enquête d’opinions en date, publiée fin février, ces partisans du nucléaire sont même majoritaires dans le pays (51%).
L’assurance d’une électricité bon marché
Ce revirement d’opinion est dû à l’inflation, qui, dans l’archipel, atteint un niveau sans précédent depuis trente ans. Cela vaut pour les produits alimentaires mais aussi pour les factures énergétiques, qui deviennent impayables.
Relancer le nucléaire, c’est « l’assurance que vos factures d’électricité vous coûteront moins cher« , martèle, depuis des semaines, la nouvelle Première ministre, Sanae Takaichi. L’opinion l’a entendue.
« On n’en peut plus avec une telle inflation, donc on n’a malheureusement pas le choix« , se lamente un jeune employé de bureau tokyoïte. « Le nucléaire, c’est bon pour la planète et ce sera excellent pour notre portefeuille paraît-il… donc allons-y. Mais uniquement si toutes les précautions sont prises en termes de sécurité« , complète un sexagénaire.
Une folie furieuse
Certains Japonais, néanmoins, demeurent farouchement hostiles à l’atome. « La lenteur du démantèlement de la centrale sinistrée de Fukushima démontre combien le nucléaire, c’est de la folie dans un pays comme le Japon, où se produisent près de 20 % des séismes les plus violents qui secouent la planète« , s’énerve, ainsi, une jeune mère de famille.
« D’abord, c’est une épée de Damoclès quotidienne pour les quatre millions de Japonais qui vivent à proximité de ces centrales. Ensuite, quand une catastrophe survient, on voit qu’il faut des dizaines d’années pour que les régions concernées s’en remettent et puissent tourner la page« , ajoute-t-elle.
20% du nucléaire d’ici 2040

Depuis le blocage du détroit d’Ormuz, le 28 février, les prix à la pompe flambent au Japon car 70 % des produits pétroliers qu’il importe du Moyen-Orient transitent par cette voie de navigation. © Bernard Delattre / RTBF
Pour autant, dorénavant, la priorité numéro un du gouvernement est que, d’ici à 2040, 20 % de l’électricité consommée dans le pays soit issue du nucléaire, contre 8,5 % à présent. Car il juge capital de hausser le taux d’autosuffisance énergétique national, qui n’est que de 10 % aujourd’hui. Ce qui rend l’archipel très dépendant du pétrole et du gaz naturel liquéfié provenant de l’étranger.
À ses risques et périls. Pour preuve, depuis le blocage du détroit d’Ormuz, le 28 février, les prix à la pompe flambent au Japon car 70 % des produits pétroliers qu’il importe du Moyen-Orient transitent par cette voie de navigation. D’ailleurs, si la crise perdure et ampute encore un peu plus le budget des ménages nippons, il y a fort à parier que la proportion des partisans de l’atome va continuer à s’accroître.




















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