Sur l’axe Linguère–Matam, les cadavres d’animaux abandonnés le long de la route se multiplient, transformant ce corridor pastoral en un véritable foyer de risques. Leur décomposition attire charognards et chiens errants, contamine les sols et expose les populations à de graves menaces sanitaires, dans une zone déjà marquée par les accidents de circulation et la transhumance. L’absence de dispositifs de ramassage et de gestion des carcasses révèle une faiblesse inquiétante dans la protection de la santé publique et de l’environnement.
LINGUÈRE – Le soleil est déjà haut dans le ciel lorsque nous empruntons la longue route reliant Linguère à Matam. La chaleur écrasante provoque des vagues caniculaires et, au loin, des silhouettes de troupeaux se dessinent.
Mais ce qui frappe le plus, ce sont ces cadavres d’animaux abandonnés en bordure de chaussée : moutons, ânes, chevaux, chèvres, parfois même des vaches, gisant à demi décomposés.
À chaque kilomètre, l’odeur de putréfaction se mêle à l’air sec du Ferlo. Des vautours tournent au-dessus, des chiens errants rôdent, et les chauffeurs ralentissent, conscients du danger.
« On ne sait jamais, un animal peut surgir sur la route à cause de ces restes », confie Mamadou Niang, conducteur de bus, le regard inquiet.
Menaces pour la santé publique
La décomposition des carcasses libère des agents pathogènes susceptibles de contaminer les sols et les nappes phréatiques. Les populations locales, souvent dépendantes des puits et des points d’eau naturels, s’exposent ainsi à des maladies zoonotiques. Les charognards et chiens errants attirés par ces restes deviennent à leur tour des vecteurs de contamination.
Les populations riveraines sollicitent l’implication des autorités locales pour une gestion durable des cadavres d’animaux abandonnés.
Samba Ndiaye, chauffeur originaire de Dahra, s’explique : « Si des brigades locales pouvaient enlever rapidement les cadavres, ce serait une grande avancée. Nous, chauffeurs, serions moins exposés aux dangers routiers nocturnes. Une signalisation renforcée dans les zones de transhumance nous aiderait à mieux anticiper les risques. »
D’autres proposent le creusement de fosses ou l’incinération des carcasses. Aminata Sow, éleveuse dans la contrée de Sagatta, partage cet avis : « Les fosses communes ou l’incinération seraient utiles. Mais il faut que les autorités nous accompagnent dans cette dynamique. Nous n’avons pas toujours les moyens de gérer les cadavres abandonnés le long de la route. Nous sollicitons également une formation sur leur gestion. Ces restes pourraient même être transformés en engrais organiques pour servir de compost aux agriculteurs. »
Un impact environnemental majeur
Au-delà du risque sanitaire, l’abandon des carcasses contribue à la pollution organique et à la dégradation des terres. Les odeurs nauséabondes et la prolifération d’animaux errants perturbent un équilibre écologique déjà fragile dans le Ferlo et à Matam, régions fortement dépendantes de l’élevage.
Aïssatou Diop, éleveuse résidant à Déaly, s’inquiète : « Ces cadavres polluent nos terres. Les animaux qui broutent autour risquent de tomber malades. Nous dépendons de ces pâturages et leur contamination menace notre survie. Il est temps que les autorités locales, administratives et étatiques agissent pour trouver des solutions urgentes et durables. »
Sonar Ngom, chef du service départemental de l’élevage de Linguère, confirme l’ampleur du problème : « L’impact environnemental est énorme. Les liquides organiques issus de la décomposition s’infiltrent dans le sol et peuvent atteindre les nappes phréatiques. Cela met en danger la santé des populations et la biodiversité locale. Nous allons poursuivre les séances de sensibilisation en impliquant tous les acteurs pour lutter contre ce péril, qui peut être source de maladies infectieuses ou bactériennes. »
Fatou Bâ, habitante de Linguère, déplore également la situation : « Les odeurs et la présence d’animaux errants autour des habitations rendent notre quotidien difficile. Nous avons peur pour nos enfants qui jouent près de la route. Sans un système de ramassage et d’enfouissement, nous ne faisons que repousser le problème. Chaque cadavre laissé à l’abandon est une source de pollution et un danger pour l’écosystème. »
Des solutions urgentes à envisager
Les populations locales réclament des mesures immédiates face à ce danger silencieux. Certaines suggèrent l’implantation d’incinérateurs dans les zones les plus exposées.
Ibrahima Sow, adjudant-chef à la sous-brigade d’hygiène de Linguère, insiste sur la prévention : « Les éleveurs doivent veiller à la surveillance de leurs animaux et éviter de les laisser errer le long de la route. Les habitants proches des zones contaminées sont particulièrement vulnérables. »
Il préconise la création de brigades locales d’hygiène pour l’enlèvement rapide des carcasses, la mise en place de fosses communes ou de sites d’enfouissement contrôlés afin de limiter la contamination, ainsi que le renforcement de la coordination entre services vétérinaires et collectivités territoriales.
« Si nous ne procédons pas à l’élimination rapide de ce péril, les éleveurs risquent de voir leurs troupeaux infectés, ce qui pourrait entraîner une précarité économique accrue », avertit-il.

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