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Accueil Le Sénégal Économie

Halima Gadji : le visage qui a osé servir de miroir à la société sénégalaise

par Big Sow
31 janvier, 2026
dans Économie
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Halima Gadji : le visage qui a osé servir de miroir à la société sénégalaise
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Halima Gadji, l’actrice derrière Marème, un des personnages les plus marquants de l’histoire de la télévision sénégalaise, est décédée. Elle a été inhumée le mercredi 28 janvier, avec un hommage national. Véritable paradoxe, quand on sait à quel point cette femme a subi du rejet pour ses rôles à l’écran jugés trop « irrévérencieux » pour la société.

Il y a dans certains visages, une façon d’attraper la lumière qui n’appartient qu’à ceux qui ont réussi à prendre une revanche sur la vie. C’était peut-être cela qui rendait le visage de Khalima Gadji si particulier. À l’écran comme dans son quotidien, l’actrice avait la présence lumineuse de ceux qui se sont battus et qui ont gagné. Bègue et dyslexique, elle est devenue l’une des actrices africaines les plus connues de sa génération. Mais peut-être s’est-elle battue trop longtemps, trop seule ?

Car derrière le magnétisme à l’écran et l’intensité des prestations scéniques, on pouvait percevoir le mal-être de la Sénégalaise. Trop digne pour appeler à l’aide, elle ne cachait pas pour autant ses problèmes. Ainsi, à côté des tapis rouges, du succès de son iconique personnage de Marème Dial, elle n’hésitait pas à parler de sa dépression, de ses problèmes mentaux. C’est peut-être cela qui a provoqué le pincement au cœur lorsque sa mort a été annoncée le lundi 26 janvier : l’impression de l’avoir collectivement écoutée, sans jamais l’avoir entendue.

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Rêves de scènes

Dès ses plus jeunes années, elle rêvait d’être actrice. Née le 25 août 1989 à Dakar, la petite Khalima grandit non loin des quartiers de la Médina et de Sacré-Cœur, entre trois cultures : celle sénégalaise de son père, et celles de sa mère maroco-algérienne. « Ma mère m’a appris, avec mes frères et sœurs, l’arabe dialectal marocain (le Darija, Ndlr.), et m’a inculqué dès mon jeune âge sa passion de la cuisine et des traditions marocaines authentiques » confiait-elle dans une interview.

Très vite, elle apprécie le cinéma et commence à rêver de faire, comme ses acteurs favoris, carrière devant la caméra. Ce rêve lui vaut très tôt des moqueries. Dyslexique et souffrant d’un bégaiement prononcé, elle provoque les quolibets de certains camarades de classe lorsqu’elle évoque ses ambitions. Déjà moquée pour ses résultats scolaires qui lui valent de nombreux redoublements, la jeune Khalima fait face à un harcèlement qui va affecter sa santé mentale. « J’ai fait ma première dépression de mes 8 ans à mes 11 ans. Très tôt à l’école, les professeurs ont remarqué mon bégaiement. Ils ne me donnaient pas assez de temps pour m’exprimer. On m’a fait croire que j’étais bête. J’ai vécu très mal intérieurement », raconte-t-elle.

« C’est une personne vraiment très passionnée, qui aimait le métier. Je me souviens, quand elle est venue en casting pour Tundu Wundu, elle était très motivée malgré qu’elle fût bègue. Elle me disait que chaque fois, les gens ne la prenaient pas parce qu’elle bégayait beaucoup ».

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Halima Gadji : le visage qui a osé servir de miroir à la société sénégalaise

Halima Gadji : le visage qui a osé servir de miroir à la société sénégalaise
  • Date de création: 31 janvier 2026 08:40

(Agence Ecofin) – Halima Gadji, l’actrice derrière Marème, un des personnages les plus marquants de l’histoire de la télévision sénégalaise, est décédée. Elle a été inhumée le mercredi 28 janvier, avec un hommage national. Véritable paradoxe, quand on sait à quel point cette femme a subi du rejet pour ses rôles à l’écran jugés trop « irrévérencieux » pour la société.

Il y a dans certains visages, une façon d’attraper la lumière qui n’appartient qu’à ceux qui ont réussi à prendre une revanche sur la vie. C’était peut-être cela qui rendait le visage de Khalima Gadji si particulier. À l’écran comme dans son quotidien, l’actrice avait la présence lumineuse de ceux qui se sont battus et qui ont gagné. Bègue et dyslexique, elle est devenue l’une des actrices africaines les plus connues de sa génération. Mais peut-être s’est-elle battue trop longtemps, trop seule ?

Car derrière le magnétisme à l’écran et l’intensité des prestations scéniques, on pouvait percevoir le mal-être de la Sénégalaise. Trop digne pour appeler à l’aide, elle ne cachait pas pour autant ses problèmes. Ainsi, à côté des tapis rouges, du succès de son iconique personnage de Marème Dial, elle n’hésitait pas à parler de sa dépression, de ses problèmes mentaux. C’est peut-être cela qui a provoqué le pincement au cœur lorsque sa mort a été annoncée le lundi 26 janvier : l’impression de l’avoir collectivement écoutée, sans jamais l’avoir entendue.

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Rêves de scènes

Dès ses plus jeunes années, elle rêvait d’être actrice. Née le 25 août 1989 à Dakar, la petite Khalima grandit non loin des quartiers de la Médina et de Sacré-Cœur, entre trois cultures : celle sénégalaise de son père, et celles de sa mère maroco-algérienne. « Ma mère m’a appris, avec mes frères et sœurs, l’arabe dialectal marocain (le Darija, Ndlr.), et m’a inculqué dès mon jeune âge sa passion de la cuisine et des traditions marocaines authentiques » confiait-elle dans une interview.

Très vite, elle apprécie le cinéma et commence à rêver de faire, comme ses acteurs favoris, carrière devant la caméra. Ce rêve lui vaut très tôt des moqueries. Dyslexique et souffrant d’un bégaiement prononcé, elle provoque les quolibets de certains camarades de classe lorsqu’elle évoque ses ambitions. Déjà moquée pour ses résultats scolaires qui lui valent de nombreux redoublements, la jeune Khalima fait face à un harcèlement qui va affecter sa santé mentale. « J’ai fait ma première dépression de mes 8 ans à mes 11 ans. Très tôt à l’école, les professeurs ont remarqué mon bégaiement. Ils ne me donnaient pas assez de temps pour m’exprimer. On m’a fait croire que j’étais bête. J’ai vécu très mal intérieurement », raconte-t-elle.

« C’est une personne vraiment très passionnée, qui aimait le métier. Je me souviens, quand elle est venue en casting pour Tundu Wundu, elle était très motivée malgré qu’elle fût bègue. Elle me disait que chaque fois, les gens ne la prenaient pas parce qu’elle bégayait beaucoup ».

En 2004, elle n’en peut plus. Elle décide d’abandonner l’école alors qu’elle a 15 ans et est en classe de 5e, pour poursuivre son rêve. « L’école, ce n’était vraiment pas fait pour moi ». De casting en casting, elle finit par se lancer dans le mannequinat, réussit à apparaitre dans des spots publicitaires et participe à des campagnes pour quelques marques. En 2010, à seulement une vingtaine d’années, elle devient mère. Elle ne révèlera l’existence de sa fille que des années plus tard au grand public. En attendant, elle doit travailler deux fois plus pour prendre soin d’elle et de sa progéniture. Heureusement à cette époque, elle réussit à se rapprocher de son rêve.

Tundu Wndu et une arrivée victorieuse sur les écrans

« […] Halima, c’est vraiment une personne passionnée, vraiment très passionnée, qui aimait son travail, qui aimait le métier parce que je m’en souviens, quand elle est venue en casting pour Tundu Wundu, elle était très motivée malgré qu’elle fût bègue. Elle me disait tout le temps que chaque fois les gens ne la prenaient pas parce qu’elle bégayait beaucoup. Donc, j’ai été le premier à lui donner sa chance, parce que je pensais qu’elle le méritait puisqu’elle était plus motivée que les autres », raconte le réalisateur Abdoulahad Wone, qui est effectivement le premier à donner à Halima sa chance à l’écran, en 2015.

Tundu Wundu est une série policière qui connaitra rapidement un succès régional, remportant même le prix de la meilleure série au FESPACO 2017. À partir de ce moment, la carrière de la jeune femme prend son envol. Cela se passe à un moment particulier pour l’audiovisuel sénégalais, car à cette époque, Dakar voit proliférer des séries et feuilletons locaux qui sont diffusés sur YouTube. Le pays se familiarise avec l’arrivée de ces productions sur ses écrans, et entre 2017 et 2019, Khalima Gadji devient encore plus connue avec le rôle d’Aïcha dans la série Seybi 2.0. Elle y incarne une jeune mariée qui découvre les joies et les difficultés du mariage dans la société sénégalaise.

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En 2019, elle apparaît aussi dans Sakho & Mangane, série policière créée par Jean-Luc Herbulot, diffusée notamment sur Canal+ et disponible sur Netflix. À ce moment, Khalima est déjà une vedette internationale, mais elle deviendra iconique dans une autre série tournée en 2019. « Maîtresse d’un homme marié », une production de Marodi TV, arrive un peu comme un vent de fraicheur que personne n’attendait dans la société sénégalaise.

La série aborde la vie conjugale dans ce pays ouest-africain et plonge le téléspectateur dans le quotidien de quatre femmes : Djalika, Marème, Lalla et Racky. Marème, jeune femme libérée, est la maîtresse du mari de Lalla, épouse modèle selon les codes de la société sénégalaise. Ce personnage joué par Khalima Gadji, finit par devenir la coépouse de Lalla. Qu’on l’aime ou qu’on le déteste, il ne laisse pas indifférent. La jeune génération apprécie son caractère émancipé pendant que les plus âgés jugent le personnage immoral et incompatible aux valeurs traditionnelles des femmes sénégalaises.

La jeune génération apprécie son caractère émancipé, tandis que l’ancienne juge le personnage immoral et incompatible aux valeurs traditionnelles des femmes sénégalaises.

Dans tous les cas, le public suit massivement sur YouTube, chaque épisode cumulant entre 2 et 5 millions de vues. La série connait même un succès international, à tel point que durant les confinements de la Covid-19, les épisodes sont commentés par des milliers d’internautes africains sur les réseaux sociaux. Le visage de Khalima s’installe sur les petits écrans d’Afrique francophone, avant que la presse internationale ne capte le phénomène et ne finisse de faire de la jeune femme une star à part entière. Le succès de la série est tel qu’au Sénégal, on commence à reprocher à Khalima Gadji l’effronterie de Marème Dial.

La fragile frontière entre le réel et le fictif

Dès les premières diffusions, des organisations conservatrices attaquent « Maitresse d’un homme marié ». Le CNRA (Conseil national de Régulation de l’Audiovisuel) annonce par exemple, dans une décision publiée en mars 2019, qu’une plainte a été déposée par un comité de « défense des valeurs morales », appuyé par l’ONG Jamra. Le régulateur finira par reprocher des scènes et propos jugés choquants ou indécents, et exigera des « mesures correctives », tout en autorisant la poursuite de la diffusion sous conditions.

En réalité, le personnage de Marème installe un conflit moral dans les foyers du pays. La société sénégalaise promeut l’image de la femme modèle, mais des femmes semblables à Marème Dial, opposées à tous les codes promus, finissent par devenir les épouses favorites. Deux visions, deux générations s’affrontent sur les réseaux à chaque épisode. Finalement, la grande majorité de ce beau monde finira par imputer en partie la responsabilité de cette remise en cause sociétale à Khalima Gadji, dont le seul crime dans cette histoire aura finalement été de trop bien interpréter son personnage à l’écran.

Son seul crime fût finalement d’avoir trop bien interprété son personnage de Marème Dial à l’écran.

Dans une interview accordée à Ayana Webzine en octobre 2019, l’actrice décrit la confusion que faisaient certains Sénégalais entre le fictif et le réel. Dans la rue, des femmes l’interpellaient, la jugeaient, lui reprochaient d’être un « mauvais exemple ». Elle explique pourtant que le rôle n’appelait pas à « faire comme Marème », mais à réfléchir, à assumer ou à débattre. Au final, elle subit des insultes sur les réseaux sociaux et finit par retomber dans une dépression qui ne l’a finalement jamais quittée depuis sa jeunesse.

En novembre 2020, Khalima Gadji reçoit le Sotigui Award de la meilleure interprétation féminine africaine en série TV pour son rôle dans « Maitresse d’un homme marié ». Elle enchaîne les tapis rouges, joue dans d’autres séries, mais le personnage de Marème lui colle à la peau, et avec lui, le ressentiment d’une partie de la population résolument conservatrice dans son pays.

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