À l’occasion du Congrès Africain de la Santé et du Tourisme Médical, Serigne Falillou Sambe, président de l’Association des cliniques privées du Sénégal, plaide pour une refondation du système de santé et une véritable souveraineté sanitaire africaine.
Dakar ambitionne de redevenir un hub médical de référence en Afrique. C’est le message fort porté par Serigne Falillou Sambe, président de l’Association des cliniques privées du Sénégal, lors d’un entretien accordé à la presse en marge du Congrès Africain de la Santé et du Tourisme Médical, co-organisé avec l’IT-Expo, une société événementielle tunisienne. Selon lui, ce congrès ne se limite pas à une simple rencontre scientifique.
Il vise avant tout à interpeller les autorités publiques, à mettre en lumière les talents sénégalais et africains et à positionner durablement le Sénégal sur la carte du tourisme médical.
« L’objectif était clair : challenger nos autorités et montrer que nous avons les compétences, les infrastructures et l’histoire pour faire de Dakar un véritable hub de prise en charge médicale », affirme-t-il.
Dakar, un héritage médical centenaire
Serigne Falillou Sambe rappelle que Dakar dispose d’une tradition médicale historique. Dès janvier 1912, la capitale sénégalaise s’imposait comme un centre majeur de formation médicale, formant des cadres venus de toute l’Afrique, d’Asie et même de France.
« Nous avons formé pratiquement l’ensemble des cadres médicaux de plusieurs continents. Dakar est aussi un hub de transit sanitaire pour de nombreux pays limitrophes qui y passent avant d’aller au Maghreb ou en Europe », souligne-t-il.
Un héritage qui, selon lui, doit aujourd’hui être transformé en avantage stratégique au service du développement national et continental.
Un système de santé fragilisé par son mode de financement
Mais les ambitions se heurtent à une réalité préoccupante : le financement de la santé au Sénégal.
Le président de l’Association des cliniques privées dresse un constat sans concession.
« Nous sommes un pays pauvre et surendetté. Aujourd’hui, près de 40 % du financement de la santé repose directement sur les ménages. C’est une véritable catastrophe », déplore-t-il.
L’État n’assure qu’environ 20 à 22 % du financement, tandis que le reste provient des partenaires techniques et financiers. Or, ces partenaires interviennent souvent sur des priorités ciblées — santé maternelle, planification familiale — qui ne correspondent pas toujours aux besoins stratégiques du pays.
« Avec ce modèle, aucun système de santé, public ou privé, ne peut être viable », insiste-t-il.
Mutualisation des risques et sécurité sanitaire
Face à ces défis, Serigne Falillou Sambe appelle à une refonte profonde du modèle de financement, fondée sur la mutualisation des risques et le développement de mécanismes d’assurance santé solides.
« Il faut créer et renforcer des mutuelles de santé et des systèmes assurantiels capables de sécuriser les Sénégalais. Aller à l’hôpital ne doit plus être une source d’angoisse financière », explique-t-il.
Pour lui, cette réforme est une condition indispensable pour bâtir un système de santé performant, attirer les patients africains et internationaux et faire du tourisme médical un véritable levier économique.
Vers une souveraineté sanitaire africaine
Au-delà du Sénégal, le congrès se veut un cadre de réflexion continentale sur la souveraineté sanitaire africaine.
« L’Afrique doit croire en ses propres compétences, investir dans ses infrastructures et retenir ses patients sur le continent », conclut Serigne Falillou Sambe.
Un message fort, à l’heure où le tourisme médical pourrait devenir un pilier stratégique du développement économique et sanitaire du Sénégal.





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