
Le samedi 27 décembre 2025 restera comme une date symbolique dans l’histoire intellectuelle et patrimoniale du Sénégal. À l’occasion de la séance de dédicace de l’ouvrage « Arfang Bassire SONKO, le bâtisseur des temps modernes », écrit par Ibrahima Ben Alfousseyni SONKO, un pan souvent méconnu de l’histoire nationale a été remis au cœur du débat public. Bien au-delà d’une simple présentation de livre, l’événement s’est imposé comme une véritable célébration de la pensée africaine, de la résilience communautaire et du développement endogène.
Ingénieur commercial spécialisé dans la production d’hydrocarbures, l’auteur a quitté le champ technique pour inscrire sa plume dans l’histoire, avec une ambition clairement assumée : réhabiliter la mémoire d’Arfang Bassire SONKO, figure emblématique de la Casamance, bâtisseur visionnaire et stratège du développement bien avant les indépendances africaines.
Réhabiliter un patriarche, répondre à l’histoire
La genèse de l’ouvrage repose sur une double exigence : l’hommage filial et la responsabilité intellectuelle. « Arfang Bassire SONKO était en avance sur sa génération. Il avait compris très tôt que le développement passait par les voies de communication et surtout par l’éducation », a expliqué l’auteur, visiblement ému.
Mais l’ouvrage se veut également une réponse ferme aux discours qui ont longtemps nié la profondeur historique et organisationnelle des sociétés africaines. « Ce livre est une réponse intellectuelle à ceux qui ont affirmé que l’Afrique n’était pas assez entrée dans l’histoire », a insisté Ibrahima Ben Alfousseyni SONKO, soulignant que l’œuvre de ce patriarche constitue une preuve éclatante de la capacité africaine à penser, planifier et transformer son espace.
Un précurseur de l’écologie et de l’autosuffisance
L’un des aspects les plus remarquables du parcours d’Arfang Bassire SONKO réside dans sa conscience écologique avant l’heure. Bien avant que les notions de changement climatique ou de développement durable ne s’imposent, il avait compris la nécessité de diversifier les sources de revenus et de préserver les ressources naturelles.
Dans la société diola, il institua une règle sociale aussi simple que puissante : « À chaque mariage, le couple devait planter un arbre », rappelle l’auteur. Ce geste symbolique et économique a contribué à faire de la Casamance un véritable verger, traduisant une vision claire : l’avenir du Sénégal ne pouvait dépendre uniquement des cultures traditionnelles, mais devait s’appuyer sur une stratégie durable et autonome.
La chaussée de Tobor : le génie contre la colonisation
Moment fort de la cérémonie, le témoignage d’Adja Mariétou SONKO, petite-fille du patriarche, a donné une dimension épique au récit. Elle a rappelé comment Arfang Bassire SONKO, alors chef de province, réussit là où l’administration coloniale avait échoué : la construction de la chaussée de Tobor.
Face à une zone jugée « marécageuse, hostile et mystique » par les ingénieurs français, il mobilisa près de 15 000 hommes et femmes. « C’est avec le Kajandou, un simple instrument de culture diola, qu’il a construit cette route. Sans lui, il n’y aurait jamais eu cette chaussée », a-t-elle affirmé avec fierté, suscitant une vive émotion dans la salle.
Un héritage à transmettre aux générations futures
La rencontre s’est conclue sur des engagements concrets. Le Dr Sékouna DIATTA, maire de Mangagoulack et directeur général de l’Agence de la Grande Muraille Verte, a annoncé sa volonté de diffuser l’ouvrage dans les collèges et lycées de la région. « Ne pouvant pas aider l’auteur à écrire le livre, je peux au moins aider à disséminer son contenu », a-t-il déclaré.
Enfin, l’appel lancé par l’auteur pour la création d’une université scientifique portant le nom d’Arfang Bassire SONKO résonne désormais comme un projet structurant pour le pays. Une institution qui porterait la vision de cet homme d’exception : penser le territoire, former la jeunesse et construire l’autosuffisance alimentaire à partir des réalités africaines.
Avec cet ouvrage, Arfang Bassire SONKO quitte définitivement l’ombre de l’histoire pour s’imposer comme l’un des grands précurseurs du développement sénégalais moderne.




















![[Focus] Enfants sans acte d’état civil: l’autre drame du conflit casamançais](https://directactu.net/wp-content/uploads/2021/09/A-Gaintekaye-la-prise-de-conscience-des-populations-pour-l-etat-civil-a-permis-un-bon-tbs-170-820x394-1-360x180.jpg)
![[ Vidéo] Les Cadres Jambaars accusent Diomaye–Sonko de « trahison nationale » et exigent des comptes sur l’affaire Abdoulaye Ba](https://directactu.net/wp-content/uploads/2026/02/833cb7b8d4faef1124c12c2fcc377ccd_XL-360x180.jpg)





![[ Vidéo] Ils massacrent 57 personnes à cause des élections au Philippine](https://directactu.net/wp-content/uploads/2026/03/Screenshot_20260311-105949-360x180.png)
![[ Vidéo] Madagascar : le chef de l’État dissout le gouvernement](https://directactu.net/wp-content/uploads/2026/03/Screenshot_20260310-114831-360x180.png)


![[ Vidéo] Grand-Yoff alerte sur une vague de litiges fonciers et de menaces de déguerpissement](https://directactu.net/wp-content/uploads/2026/03/IMG-20260309-WA0166-750x338-1-360x180.jpg)

![[ Vidéo] Iran : Mojtaba Khamenei succède à son défunt père Ali Khamenei](https://directactu.net/wp-content/uploads/2026/03/Screenshot_20260309-100933-360x180.png)
























