
La 33ᵉ édition de la Foire internationale de Dakar (FIDAK) confirme son statut de carrefour économique et de vitrine privilégiée pour l’entrepreneuriat local. Des exposantes rencontrées sur les allées du Centre international du commerce extérieur du Sénégal (CICES) soulignent le rôle déterminant de cette manifestation dans la promotion des activités génératrices de revenus, tout en appelant à un soutien plus structuré en faveur des jeunes entrepreneurs, notamment en matière de formation, de financement et d’accès aux stands.
Rendez-vous économique annuel majeur, la FIDAK représente pour de nombreux jeunes une véritable niche d’opportunités, en particulier pour les artisans. Fama Sarr, gérante d’un complexe de couture à l’Unité 24 des Parcelles assainies, y voit un espace d’expression et de création d’emplois, même modestes.
« La FIDAK crée des opportunités pour les jeunes, surtout pour nous les artisans. Nous venons avec nos propres moyens pour créer de l’emploi, parfois pour une, deux ou trois personnes », explique-t-elle.
Au-delà de la visibilité, Mme Sarr estime que ce type de manifestation encourage l’initiative individuelle et l’esprit d’entreprise. Elle invite ainsi les jeunes à s’orienter vers les métiers porteurs, en se rapprochant notamment des Chambres de métiers pour se former à la couture, à la teinture ou à la transformation de produits locaux, tout en bénéficiant d’un encadrement adapté pour participer à des événements d’envergure comme la FIDAK.
Spécialisée dans la confection d’articles pour hommes, femmes et enfants, ainsi que dans la fabrication d’accessoires (sacs, éventails, colliers, tuniques), Fama Sarr plaide également pour un appui accru des autorités à l’apprentissage des métiers, afin de favoriser l’autonomie économique des jeunes, en particulier des femmes, très présentes et dynamiques sur le site de la foire.
Même son de cloche chez Amina Diouf, exposante pour la troisième année consécutive. Bénéficiaire de l’accompagnement de la Couveuse d’entreprise pour la promotion de l’emploi par la microentreprise (CEPEM), un dispositif de la mairie de Dakar, elle se félicite du suivi dont elle a bénéficié.
« J’ai été formée, encadrée et suivie par la CEPEM, qui m’a permis d’avoir un stand pour exposer », confie-t-elle.
Si elle reconnaît que la FIDAK lui a permis d’élargir sa clientèle et de nouer des contacts durables au-delà de la foire, Mme Diouf se montre plus nuancée sur son impact direct en matière de création d’emplois. Ayant démarré son activité sur fonds propres et embauché un tailleur, elle met en lumière les obstacles persistants liés à l’accès au financement, à la formation et surtout à la publicité.
« Beaucoup de jeunes font des choses extraordinaires, mais on ne les connaît pas faute de moyens pour la communication », déplore-t-elle, appelant à un soutien accru des pouvoirs publics et des organisateurs de la FIDAK.
Pour Ramatoulaye Sèye, cheffe d’entreprise spécialisée à la fois dans la couture et la transformation de produits locaux, la FIDAK reste un passage incontournable pour gagner en visibilité, écouler ses produits et établir des partenariats. Son entreprise valorise notamment le baobab, le bissap et le “nebeday” à travers des huiles, des poudres et des savons médicinaux naturels à base de plantes.
Toutefois, elle pointe du doigt l’insuffisance du suivi des formations, souvent peu accessibles à certains jeunes, ainsi que le coût élevé des stands. Elle plaide ainsi pour une réduction des tarifs afin de favoriser une participation plus large et plus inclusive des jeunes entrepreneurs.
Dans un message commun adressé aux autorités, ces exposantes appellent à un accompagnement renforcé des jeunes en matière de formation professionnelle, de financement et de communication. Autant de leviers indispensables, selon elles, pour faire de la FIDAK non seulement une vitrine commerciale, mais surtout un véritable moteur d’insertion économique et sociale pour la jeunesse sénégalaise.





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