Réunis hier au siège du Conseil national de lutte contre le Sida (CNLS), les acteurs nationaux ont marqué la 38ᵉ Journée mondiale de lutte contre le VIH sous un mot d’ordre clair : « Surmonter les perturbations, transformer la riposte ». Un thème qui résonne comme un avertissement, alors que la raréfaction des financements internationaux menace d’affaiblir un modèle sénégalais longtemps salué sur le continent.
Un système sous pression
Représentant le ministre de la Santé et de l’Hygiène publique, Dr Samba Cor Sarr a rappelé que cette journée devait être « un moment de réflexion », dans un contexte mondial instable où les crises successives mettent à rude épreuve la lutte contre le VIH.
La baisse du financement, les inégalités persistantes et la dépendance envers un unique bailleur constituent désormais des menaces réelles.
« Nous devons remplacer la logique de financement par une logique d’investissement », a martelé Dr Sarr, plaidant pour une transformation structurelle fondée sur le leadership politique, l’autonomisation communautaire et le respect des droits humains.
La forte dépendance à un seul partenaire financier a déjà poussé certaines ONG à envisager la fermeture. Pour lui, l’avenir repose sur la résilience et la diversification des sources de financement.
Des résultats solides malgré la tempête
Malgré les secousses, le Sénégal continue d’afficher des performances remarquables :
85 % des 47.710 personnes vivant avec le VIH connaissent leur statut ;
93 % de ces personnes sont sous traitement antirétroviral ;
92 % présentent une charge virale indétectable.
Ces résultats, conformes aux standards internationaux, sont le fruit de la mobilisation communautaire et du travail du CNLS. Dr Sarr n’a pas manqué de saluer la détermination de sa secrétaire exécutive : « la combattante infatigable, Dr Safiatou Thiam ».
Un modèle secoué par les crises
Prenant la parole, Dr Thiam a livré un témoignage sincère sur la fragilité du système.
« Nous avons traversé énormément d’épisodes difficiles. Deux épidémies en même temps, et nous sommes restés debout », a-t-elle rappelé.
Le retrait brutal d’un bailleur majeur aurait pu faire vaciller la riposte. Le CNLS a dû mobiliser des ressources d’urgence pour maintenir les équipes, sauver des programmes essentiels et éviter la rupture des services.
Elle appelle désormais à un renforcement du système de santé, avec le soutien des parlementaires, et à une appropriation totale du thème national par l’ensemble des acteurs.
Objectif 2030 : un Sénégal sans Sida
Dr Thiam a réaffirmé l’ambition nationale : mettre fin à l’épidémie d’ici 2030.
Un objectif atteignable, selon elle, si la riposte devient un levier de développement social et économique et si une mobilisation collective se poursuit.
« Tous engagés pour mettre fin au sida », a-t-elle conclu, lançant un appel vibrant à l’unité, à l’innovation et au courage politique.





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