Le 16 novembre prochain, les Chiliens se rendront aux urnes. Dans la région de l’Atacama, dans le Nord, frontière avec la Bolivie, les cas d’enlèvements ont augmenté de 162%. Enquête dans le podcast « Ici le Monde ».
Au Chili, deux candidats que tout oppose s’affrontent pour les élections prévues le 16 novembre prochain. Une femme, Jeanette Jara, étiquetée extrême gauche et José Antonio Kast, issu du parti républicain, un parti d’extrême droite sont en lice pour ce premier tour de a présidentielle.
Au cœur des débats, un thème qui résonne aux oreilles des Chiliens et qui les inquiètent : le nombre d’enlèvements, nettement en hausse ses dernières années. C’est notamment le cas dans la région de l’Atacama, dans le Nord du pays avec une hausse de 162 % du nombre d’enlèvements.
Krishna Aguillera, enlevée et tuée à 19 ans
Elle s’appelait Krishna Aguillera, elle avait 19 ans. Le 4 octobre dernier, elle disparaissait de Catemito, dans la banlieue de Santiago. 22 jours plus tard, son corps était retrouvé, enterré, grâce aux aveux d’un suspect rapidement identifié. Un enlèvement prémédité suivi d’homicide. Pour le procureur en charge du dossier, le meurtre aurait été planifié par le principal suspect et son entourage.

© Capture d’écran
Des histoires d’enlèvements glaçantes au Chili
Rodrigo Cantergiani, un homme d’affaires de 63 ans a lui été libéré après plus de 17 heures de captivité et après le versement d’une rançon aux ravisseurs. Sa famille a reçu un message WhatsApp, prétendument envoyé par un membre de Los Pulpos, un gang péruvien actif au Chili, informe El Pais : « Bonjour, ici l’organisation Los Pulpos. Nous tenons votre père en notre possession et nous exigeons votre coopération. Si vous appelez la police, il sera tué et vous y perdrez plus que nous« .
Un autre homme, membre d’un groupe criminel, a été capturé par son propre gang, qui lui a mutilé l’oreille et l’a forcé à la manger.
Autant de faits divers aujourd’hui à la Une des médias chiliens. Autant d’histoires sordides qui inquiètent la population.
Le procureur national a déclaré que la police et le parquet se sont adaptés à la nouvelle réalité de la criminalité au Chili. « Toute la communauté, les citoyens qui sont chez eux […] savent que le pays a changé, que la situation n’est plus la même. Nous savons que les rues ne sont plus comme avant, nous savons que la nuit n’est plus comme avant« , a-t-il admis.
Un tournant depuis 2022
Les chiffres sont là. Ils sont clairement en augmentation comme l’explique Naïla Derroisné, correspondante RTBF sur place : « Selon un rapport du Parquet national chilien publié en juillet dernier, le nombre d’enlèvements dans le pays a connu une hausse significative ces dernières années. Et c’est 2022 qui a marqué un tournant avec 826 cas d’enlèvements signalés contre 492 en 2021, soit une augmentation de 68% en un an. Depuis cette année 2022, le nombre d’enlèvements s’est maintenu au-dessus de la barre des 800 cas par an. Toujours selon les chiffres du parquet national, l’année dernière, plus d’un tiers des kidnappings étaient liés aux crimes organisés dans le cadre de règlements de comptes, d’extorsions ou encore de disputes entre bandes rivales« .
Les racines du mal
Ce n’est pas seulement le nombre d’enlèvements qui est inquiétant, c’est aussi la nature de ces crimes. En 2024, près de 4 enlèvements sur 10 (39%) étaient liés au crime organisé, soit une augmentation de plus de 10 points de pourcentage par rapport à l’année précédente.
Les enlèvements à des fins d’extorsion, de règlement de comptes, de vengeance ou de recouvrement de créances sont devenus les plus fréquemment associés au crime organisé.
Ce que confirme la correspondante RTBF à Santiago : « Ignacio Castillo, qui est le directeur de l’unité spécialisée sur le crime organisé au parquet national, explique que l’augmentation des enlèvements doit être comprise comme un élément d’une transformation plus profonde du paysage criminel du pays. Il ajoute que les actes de violence sont perpétrés par des structures criminelles complexes, capables de planifier des opérations et dotées de capacités de coordination transnationale, c’est-à-dire au-delà des frontières chiliennes ».
« Et c’est là l’une des clefs pour comprendre le phénomène. Le Chili a vu ces dernières années débarquer des groupes criminels transnationaux, comme par exemple le Tren de Aragua, une organisation criminelle d’origine vénézuélienne et qui compte aujourd’hui des ramifications dans plusieurs pays d’Amérique du Sud. Cette mafia est notamment connue pour ses actions violentes, d’extorsion, d’enlèvement ou encore ses tueurs à gage »
Bien que les enlèvements liés à des conflits familiaux ou à des violences conjugales restent importants, leur fréquence a diminué ces dernières années. La nouvelle réalité est marquée par une augmentation des enlèvements à caractère extorsionnel. Cette tendance renforce l’hypothèse selon laquelle les organisations criminelles privilégient de plus en plus l’enlèvement comme méthode d’intimidation, d’extorsion et de contrôle.
Un chiffre alarmant : dans 22% des cas, aucun mobile clair n’a pu être établi, ce qui souligne les difficultés d’enquête lors des premières heures, une étape cruciale pour le succès des poursuites judiciaires dans ces affaires.
L’utilisation d’armes à feu (32%) et d’armes blanches (23%) a également augmenté, ce qui indique une tendance à l’utilisation systématique de la violence comme stratégie de domination.
Un impact sur la campagne présidentielle chilienne
Dans ce contexte de violence liée au crime organisé, l’extrême droite se présente comme l’unique rempart face aux bandes criminelles, jugeant même responsable l’actuel gouvernement de la crise d’insécurité que le pays traverse et n’hésitant pas à faire l’amalgame entre migrants, délinquances et crimes organisés. Le candidat de l’ultra-droite à l’élection présidentielle, José Antonio Kast, capitalise sur ce sentiment d’insécurité. Il est d’ailleurs très haut dans les sondages.

© Eurovision
Mais sa rivale, Jeanette Jara, la candidate de l’extrême gauche a aussi eu recours à ce thème durant sa campagne, comme le confirme Naïla Derroisné : « Tous les candidats ou presque en ont fait une priorité. Le candidat d’ultra-droite, José Antonio Kast, a une approche clairement punitive, autoritaire et répressive, avec plus de policiers et de militaires sur le terrain, des sanctions plus sévères et la fermeture des frontières au nord du Chili, là où les flux migratoires sont les plus importants. Sa rivale, la candidate communiste de la gauche, Jeannette Jara, propose aussi un meilleur contrôle des frontières. Mais veut quant à elle affaiblir le crime organisé en s’attaquant à ses canaux de financement. Elle souhaite notamment une levée du secret bancaire dans le cadre d’enquêtes et renforcer les services de renseignement, une approche un peu plus institutionnelle« .
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