
En ces temps de tensions croissantes, le rôle de la presse dans la construction de la paix sociale est plus que jamais crucial. C’est dans cet esprit que le programme «Saxal Jamm», porté par le consortium ONG 3D, COSCE et GRADEC, avec l’appui de l’Union européenne, a organisé ce mercredi 15 octobre 2025 un «Déjeuner de la Paix» placé sous le thème : « Saxal Jamm et la presse : unir nos voix pour la paix sociale et la cohésion nationale ».
L’événement a rassemblé journalistes, membres de la société civile et Ambassadeurs de la Paix, dans un contexte marqué par une inquiétante remise en cause de la liberté de la presse au Sénégal.
Une alerte sur l’état critique des médias
Prenant la parole, Moundiaye Cissé, directeur exécutif de l’ONG 3D, a rappelé l’importance d’un dialogue sincère entre la presse et l’État :
« La presse incarne la transparence, l’État la légitimité. La société civile est le pont entre les deux », a-t-il déclaré, appelant à une « intelligence collective » pour préserver la démocratie sénégalaise.
Mais le ton s’est durci avec l’intervention de Mamadou Ibra Kane, président du Conseil des éditeurs et diffuseurs de presse du Sénégal (CDEPS), qui a livré un constat alarmant :
« Jamais, sous les trois alternances politiques, la liberté de la presse n’a été autant menacée. C’est un plan d’extermination de la presse privée qui est en marche », a-t-il accusé.
Selon lui, l’État viole sciemment la loi en bloquant l’aide à la presse, pourtant votée par l’Assemblée nationale, et en rompant unilatéralement les contrats publicitaires entre sociétés publiques et médias privés.
« Beaucoup de journalistes n’ont plus de salaires depuis 2020. La presse sénégalaise vit une crise économique et sociale sans précédent », a-t-il souligné.
Une directive qui menace la paix
Ce climat de répression économique s’est accentué depuis mai 2024, avec une directive gouvernementale controversée. Me Mame Adama Gaye, représentant du collectif des Ambassadeurs de la Paix, a dénoncé cette mesure :
« En mai 2024, une directive du Premier ministre a ordonné aux sociétés publiques de rompre leurs contrats publicitaires avec les médias privés. Cette décision met en péril l’indépendance des médias et, par conséquent, la paix sociale. »
Une mobilisation pour reconstruire la confiance
Le « Déjeuner de la Paix » se veut une étape vers la réconciliation entre les acteurs de l’information, les institutions étatiques et la société civile. Le programme “Saxal Jamm” entend ainsi promouvoir un cadre de dialogue pour garantir la liberté de la presse, renforcer le rôle des médias dans la préservation de la cohésion nationale, et restaurer la confiance dans les institutions démocratiques.
Dans un pays où les fragilités économiques alimentent les tensions sociales, protéger la presse, c’est protéger la démocratie. Le message est clair : aucune paix durable ne peut exister sans information libre, sans débat ouvert, et sans voix indépendante.











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