
Robert Badinter est entré jeudi au Panthéon, le temple de l’universalisme républicain, « avec les Lumières » et « les principes de l’État de droit », lors d’une cérémonie solennelle en hommage à l’artisan de l’abolition de la peine de mort.
Aux grands hommes, la patrie reconnaissante
Peu avant, le cénotaphe, cercueil au nom de l’ancien avocat et garde des Sceaux décédé en février 2024 à l’âge de 95 ans, était entré dans l’ancienne église du centre de Paris, devenue monument funéraire portant sur son fronton la devise « Aux grands hommes, la patrie reconnaissante« .
Sous les applaudissements du public venu nombreux, les mots du discours du ministre de la Justice de François Mitterrand ont résonné, quand il demanda à la tribune de l’Assemblée nationale le 17 septembre 1981, et obtint « l’abolition de la peine de mort en France« , conformément à un engagement du président socialiste à rebours de l’opinion de l’époque.
« Demain, grâce à vous, la justice française ne sera plus une justice qui tue« , lançait l’homme de droit devenu homme politique aux députés dans un débat passionné.
Robert Badinter entre au Panthéon avec les Lumières et l’esprit de 1789
Parmi les temps forts, Julien Clerc a interprété sa chanson « L’assassin assassiné » consacrée en 1980 à la lutte pour l’abolition du châtiment suprême.
Le comédien Guillaume Gallienne a lu un texte de Victor Hugo, précurseur dans ce même combat. Ce texte, comme d’autres, a été choisi par la veuve de l’avocat qui sauva plusieurs hommes de la guillotine, la philosophe Élisabeth Badinter, également applaudie à son arrivée sur place.
« Robert Badinter entre au Panthéon avec les Lumières et l’esprit de 1789« , « avec les principes de l’État de droit« , a déclaré Emmanuel Macron dans son discours. « Il entre au Panthéon et nous entendons sa voix qui plaide ses grands combats essentiels et inachevés: l’abolition universelle de la peine de mort, la lutte contre le poison antisémite et ses prêcheurs de haine, la lutte pour la défense de l’État de droit« , a ajouté le chef de l’État.
Il a rappelé que Robert Badinter était « né dans les années vingt ravagées par la haine des Juifs » et « s’est éteint dans nos années vingt où à nouveau la haine des Juifs tue« . « N’éteignons jamais cette colère face à l’antisémitisme« , a martelé le président de la République.
Honte à ceux qui ont voulu souiller sa mémoire
La journée a été ternie par une profanation de la tombe de Robert Badinter dans la matinée à Bagneux, où il est effectivement enterré. Les « tags qui insultent ses engagements contre la peine de mort et pour la dépénalisation de l’homosexualité« , dénoncés par le maire de la ville, ont été rapidement nettoyés. « Honte à ceux qui ont voulu souiller sa mémoire« , avait immédiatement réagi Emmanuel Macron.
Prévue de longue date, cette cinquième panthéonisation sous ses mandats sera une parenthèse en pleine crise politique pour le chef de l’État, qui doit décider d’ici vendredi soir quoi faire pour sortir le pays de l’impasse.
Celui qui fut aussi président du Conseil constitutionnel de 1986 à 1995 repose désormais symboliquement au Panthéon, à travers des objets déposés dans son cénotaphe: sa robe d’avocat, une copie de son discours sur l’abolition de la peine de mort et trois livres dont un de Victor Hugo.
Dans le caveau « des révolutionnaires de 1789« , où reposent Condorcet, l’abbé Grégoire et Gaspard Monge depuis le bicentenaire de la Révolution.
« L’universalisme républicain »
Emmanuel Macron a déjà fait entrer dans la nécropole républicaine Simone Veil, rescapée d’Auschwitz et auteure de la loi sur l’interruption volontaire de grossesse, l’écrivain chroniqueur de l’horreur des tranchées de la Première Guerre mondiale Maurice Genevoix, la star du music-hall, résistante et militante antiraciste franco-américaine Joséphine Baker, et le résistant communiste d’origine arménienne Missak Manouchian.
L’historien et résistant Marc Bloch sera à son tour panthéonisé mi-juin, 82 ans après son exécution par la Gestapo en 1944.
Pour l’historien Denis Peschanski, le fil conducteur de ces choix présidentiels est l' »universalisme républicain ». « C’est la France des Lumières, qu’incarnait Robert Badinter à travers son combat abolitionniste mais aussi sa défense acharnée des victimes et sa lutte pour les droits ».
L’universalisme qui « se retrouve dans Joséphine Baker, qui ne pouvait pas accepter ce qui se passait aux Etats-Unis et est devenue française », ou dans la « défense des droits des femmes » chez Simone Veil, ajoute ce spécialiste de la mémoire. Ou chez Missak Manouchian, et « tous ces résistants étrangers qui ont manifesté un attachement très fort à la France des Lumières, patrie des droits de l’homme ».



















![[Focus] Enfants sans acte d’état civil: l’autre drame du conflit casamançais](https://directactu.net/wp-content/uploads/2021/09/A-Gaintekaye-la-prise-de-conscience-des-populations-pour-l-etat-civil-a-permis-un-bon-tbs-170-820x394-1-360x180.jpg)
![[ Vidéo] Les Cadres Jambaars accusent Diomaye–Sonko de « trahison nationale » et exigent des comptes sur l’affaire Abdoulaye Ba](https://directactu.net/wp-content/uploads/2026/02/833cb7b8d4faef1124c12c2fcc377ccd_XL-360x180.jpg)


![[ Vidéo] Madagascar : le chef de l’État dissout le gouvernement](https://directactu.net/wp-content/uploads/2026/03/Screenshot_20260310-114831-360x180.png)


![[ Vidéo] Grand-Yoff alerte sur une vague de litiges fonciers et de menaces de déguerpissement](https://directactu.net/wp-content/uploads/2026/03/IMG-20260309-WA0166-750x338-1-360x180.jpg)

![[ Vidéo] Iran : Mojtaba Khamenei succède à son défunt père Ali Khamenei](https://directactu.net/wp-content/uploads/2026/03/Screenshot_20260309-100933-360x180.png)



























![[ Vidéo] Madagascar : le chef de l’État dissout le gouvernement](https://directactu.net/wp-content/uploads/2026/03/Screenshot_20260310-114831-120x86.png)