
C’est un appel fort et sans détour que le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye a lancé ce lundi 1er septembre, à l’ouverture officielle de la 19ᵉ édition du Forum africain des systèmes alimentaires (AFS Forum), au Centre de Conférences Abdou Diouf (CICAD) de Diamniadio.
Aux côtés de son homologue rwandais Paul Kagamé et devant un parterre de chefs d’État, de partenaires institutionnels, d’experts et d’acteurs du monde agricole venus de tout le continent, le président Faye a planté le décor : l’Afrique doit impérativement transformer ses systèmes alimentaires si elle veut garantir son avenir.
« La prise en charge des systèmes alimentaires devient une urgence de première nécessité », a-t-il affirmé, évoquant les 700 millions de personnes touchées par la faim en 2024, dont une large majorité en Afrique.
Une Afrique riche, mais affamée : un paradoxe à briser
Le président sénégalais n’a pas mâché ses mots sur les contradictions criantes du continent : 65 % des terres arables mondiales, d’immenses ressources hydriques, mais toujours dépendant des importations alimentaires. Pour Diomaye Faye, il est temps de tourner la page d’un modèle inefficace et inéquitable.
« Pour se nourrir, l’Afrique devra compter d’abord sur elle-même », a-t-il martelé, dans un discours qui se veut à la fois un cri d’alerte et un manifeste pour une souveraineté alimentaire durable.
La jeunesse comme moteur d’un nouveau modèle agricole
Au cœur de sa vision : la jeunesse africaine, qui représente près de 60 % de la population du continent. Le président Faye a plaidé pour une transformation profonde des mentalités et des politiques publiques en matière d’éducation, de formation et d’accès aux technologies agricoles.
« Il faut briser le vieux mythe selon lequel l’agriculture est un secteur de survie. C’est un secteur d’avenir, d’innovation, de croissance », a-t-il soutenu, en appelant à moderniser les outils de production, maîtriser l’eau, transformer localement les produits agricoles et digitaliser les chaînes de valeur.
Le Sénégal montre l’exemple
Le chef de l’État a également mis en avant l’engagement du Sénégal, qui consacre au moins 10 % de son budget à l’agriculture, conformément à la Déclaration de Maputo. Il a évoqué plusieurs réformes déjà en cours : régulation des importations, mécanisation, transparence dans la gestion des intrants, ou encore développement de l’irrigation.
Il a aussi souligné l’importance de valoriser les zones rurales en les rendant attractives pour les jeunes grâce à de meilleurs services publics, des opportunités économiques locales et une intégration plus poussée des marchés via la ZLECAf (Zone de libre-échange continentale africaine).
Un rendez-vous stratégique pour l’avenir du continent
Co-organisé avec l’Alliance pour une Révolution Verte en Afrique (AGRA), le Forum se tient jusqu’au 5 septembre à Dakar. Il propose une série de panels, sessions de haut niveau et rencontres B2B, axés sur les innovations agricoles, les politiques publiques efficaces et les partenariats durables pour la sécurité alimentaire.
Le président Faye a conclu son discours par un appel fort à l’action collective :
« Unissons nos volontés, mobilisons nos ressources, et faisons de la création de systèmes alimentaires robustes le moteur d’une renaissance africaine. »











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