x »AUTEUR DE L’ARTICLE : Babacar Touré/Kaolack »

Lors d’une récente intervention, Pape Thiam, inspecteur des impôts et président du Parti Naatangue Sénégal, a partagé son analyse sur la question de l’endettement des États. Titulaire de deux masters en droit des collectivités locales et en gestion et finances publiques, il a apporté un éclairage technique sur un débat souvent marqué par des idées reçues.
Pour Pape Thiam, la dette publique ne doit pas servir d’excuse pour justifier les difficultés économiques d’un pays. « La dette n’est pas un frein que les gouvernants doivent agiter pour expliquer les problèmes économiques du pays », a-t-il déclaré. Il a rappelé que certains pays affichent un taux d’endettement dépassant 200 % de leur PIB sans pour autant connaître de crise majeure. Selon lui, le problème ne réside pas dans le montant de la dette, mais dans son utilisation.
« La dette n’est pas mauvaise en soi, c’est l’utilisation rationnelle qui importe », a-t-il souligné. Il a illustré son propos en expliquant que même une dette de 50 mille milliards pourrait être bénéfique si elle est investie dans des secteurs porteurs tels que les infrastructures, l’énergie ou l’éducation. De tels investissements, selon lui, stimuleraient la croissance et permettraient à l’État de générer davantage de recettes à moyen et long terme.
Pape Thiam a également invité à une comparaison avec les pays développés. « Les États-Unis, la Russie, le Canada, tous les pays développés s’endettent. Pourquoi pas nous ? », s’est-il interrogé. Pour lui, le Sénégal et d’autres pays africains devraient adopter une approche plus stratégique de l’endettement, en veillant à ce que les fonds empruntés soient orientés vers des projets structurants.
Cette position tranche avec le discours traditionnel qui présente la dette comme un fardeau insurmontable. Pape Thiam appelle plutôt à une gestion responsable et visionnaire des finances publiques. Selon lui, une dette bien maîtrisée peut être un levier de développement plutôt qu’une contrainte.
En conclusion, le président du Parti Naatangue Sénégal plaide pour une réflexion plus nuancée sur la question. Pour lui, l’essentiel est de garantir que chaque franc emprunté serve à construire l’avenir du pays plutôt qu’à combler des déficits improductifs. Un message qui invite à repenser la politique économique sous un angle plus pragmatique.



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