Réformer un secteur électrique structurellement déficitaire prend du temps. Au Ghana, les mesures se succèdent, mais chaque avancée révèle une nouvelle couche de défis à relever.
Le secteur électrique ghanéen affiche des progrès, mais la crise persiste. Mardi 28 juillet, le ministre délégué à l’Énergie, Richard Gyan-Mensah (photo), a annoncé lors de la 60ème réunion annuelle de l’Association africaine des producteurs d’électricité à Accra que la renégociation des contrats avec les neuf sociétés privées qui produisent l’électricité du pays a généré plus de 240 millions de dollars d’économies.
Selon les informations rapportées par MyJoyOnline, ces économies s’expliquent par une révision des termes des contrats d’achat d’électricité. « Certaines sociétés privées de production reçoivent désormais entre 80 et 90 % de leurs factures mensuelles. Nous visons 100 % », a déclaré Gyan-Mensah. Le gouvernement, a-t-il expliqué, a également renforcé un mécanisme de gestion des recettes qui centralise tous les paiements du secteur pour réduire les impayés.
L’État a parallèlement restauré une garantie de la Banque mondiale de 500 millions de dollars pour des projets gaziers clés, a souligné Ghanaian Times. L’Electricity Company of Ghana et la Northern Electricity Distribution Company ont par ailleurs amélioré leurs recouvrements de factures, a précisé le ministre.
Ces avancées ne doivent cependant pas masquer les difficultés persistantes du système. Comme l’a rapporté Agence Ecofin il y a deux semaines, la Banque mondiale a dégradé le programme de redressement du secteur de « modérément satisfaisant » à « insatisfaisant ».
L’institution pointait alors des pertes combinées de l’Electricity Company of Ghana (ECG) et de la Northern Electricity Distribution Company (NEDCo) atteignant 1,5 milliard de dollars, bien au-delà de l’objectif de 525 millions visé pour 2027.
Un mal plus profond
En novembre 2025, l’Institute of Statistical, Social and Economic Research du Ghana indiquait que si les économies réalisées sur les contrats apportent un « soulagement à court terme », elles ne s’attaquent pas aux faiblesses structurelles du secteur, notamment les pertes massives dans la chaîne de distribution et le manque de discipline de paiement.
Le Fonds monétaire international (FMI) presse d’ailleurs le Ghana d’ouvrir la distribution d’électricité au secteur privé. Une option que le président John Dramani Mahama a publiquement rejetée. Son administration souhaite maintenir l’ECG comme acteur public central, a indiqué Ghanaian Times en mars.
La question de savoir comment impliquer le secteur privé dans la facturation et le comptage d’ECG sans privatiser la compagnie reste sans réponse à ce stade. Le 20 juillet, MyJoyOnline a rapporté qu’un comité chargé d’y répondre a remis son rapport au président Mahama.
Cette incertitude s’inscrit dans un contexte de pression financière. Après un remboursement de 1,47 milliard de dollars effectué en 2025 pour apurer les dettes les plus urgentes, la dette cumulée du secteur électrique dépassait encore 3 milliards de dollars à mi-2025, selon le ministre des Finances Ato Forson.


























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