Alors que les besoins de mobilité progressent plus vite que les infrastructures, plusieurs pays africains révisent leurs politiques de transport pour soutenir l’urbanisation, la croissance démographique et l’intégration régionale.
Le Sénégal a engagé les travaux préparatoires à l’élaboration d’une nouvelle stratégie nationale des transports. Un atelier technique réunissant les principales parties prenantes du secteur, notamment le Ministère des Transports terrestres et aériens (MiTTA) et la Direction générale des Transports routiers (DGTR), s’est tenu les 3 et 4 juin à Dakar.
L’initiative entre dans le cadre de la Vision Sénégal 2050, et a pour but de doter le pays d’une feuille de route pour adapter le système de transport aux mutations économiques, démographiques et territoriales attendues au cours des prochaines décennies. La stratégie prendra notamment en compte l’accélération de l’urbanisation, la croissance de la population, l’intensification des échanges commerciaux ainsi que les exigences d’intégration économique régionale.
Ces évolutions exercent une pression croissante sur les infrastructures existantes. Malgré les investissements réalisés ces dernières années, notamment avec le Train Express Régional (TER) et le service de Bus Rapid Transit (BRT), des défis importants subsistent en matière de mobilité. Selon le Conseil exécutif des transports urbains durables (CETUD), l’offre de transport demeure insuffisante face à la demande dans l’agglomération dakaroise, qui concentre plus de 4 millions d’habitants sur seulement 0,3 % du territoire national.
Au-delà de la capitale, les disparités territoriales restent marquées. Plusieurs localités de l’intérieur du pays continuent de souffrir d’un accès limité aux services de transport, tandis que certaines infrastructures structurantes nécessitent une modernisation. La Banque mondiale souligne notamment une dégradation progressive d’une partie du réseau routier entre 2019 et 2024 en raison d’un déficit d’entretien, tandis qu’une partie du réseau ferroviaire intérieur demeure inopérant.
La stratégie accompagnera à ce titre les ambitions affichées dans la Vision Sénégal 2050, qui prévoit d’importants investissements dans les infrastructures routières, ferroviaires, aéroportuaires et portuaires, afin de renforcer la connectivité du territoire et de soutenir la compétitivité de l’économie nationale. A terme, les autorités ambitionnent de bâtir un système de transport plus inclusif, multimodal et durable.
Toutefois, la concrétisation de cette ambition dépendra de la capacité du Sénégal à mobiliser les financements nécessaires, alors que le pays est confronté à des contraintes budgétaires. La réussite de cette transformation passera également par sa capacité à assurer un entretien régulier des infrastructures, à améliorer la coordination entre les différents modes de transport, et à opérer une meilleure intégration des régions enclavées afin de réduire les disparités.

































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