La déforestation continue de ravager les forêts sénégalaises, avec une perte estimée à 339 673 hectares entre 2005 et 2023, soit environ 17 034 hectares chaque année. Cette situation alarmante a été révélée par l’ingénieur des eaux et forêts, colonel Pape Assane Ndour, lors de l’ouverture officielle de l’atelier national sur le processus d’élaboration du niveau de référence pour les forêts (NRF), dans le cadre du mécanisme « REDD » (Réduction des Émissions dues à la Déforestation et à la Dégradation des forêts).
L’étude menée pour cette période a utilisé une méthodologie rigoureuse permettant de collecter des données fiables, malgré les préoccupations concernant la crédibilité des statistiques publiques. Le colonel Ndour a expliqué que cette déforestation est principalement causée par l’avancée du front agricole, les feux de brousse récurrents, les coupes illégales de bois et le surpâturage, des facteurs qui dégradent l’écosystème forestier du pays.
Les forêts sénégalaises, qui jouent un rôle crucial en tant que puits de carbone, ont vu leur potentiel d’absorption de CO2 réduire de manière significative, passant de 17,8 tonnes de CO2 équivalentes à 8,1 tonnes par hectare. Cette diminution de près de 46% représente une perte importante pour la lutte contre le changement climatique. Actuellement, les forêts sénégalaises sont capables d’absorber environ 0,53 million de tonnes de CO2 par an, une quantité comparable aux émissions de la déforestation en 2005.
Malgré ces constats inquiétants, le colonel Ndour a exprimé son espoir de continuer à travailler avec les parties prenantes pour inverser cette dynamique de dégradation. Il a également insisté sur l’importance d’impliquer les partenaires du Sénégal dans des actions concrètes pour préserver et restaurer les forêts.
Les experts, les représentants de l’Association des maires du Sénégal (AMS), du Comité national sur le changement climatique (Comnac) et divers acteurs ont participé à cet atelier, soulignant la nécessité d’une mobilisation accrue pour freiner la dégradation de l’environnement et renforcer la gestion durable des forêts.