Aujourd’hui, 23 août 2026, la mémoire nous ramène vers un grand homme. Un homme que nous appelions simplement Amath. Parce que certains êtres, par leur proximité, leur chaleur et leur simplicité, finissent par devenir une part de notre propre histoire.
Amath Dansokho nous manque.
Il nous manque son rire, ses éclats de rire légendaires qui pouvaient désarmer les situations les plus tendues. Il nous manque son regard malicieux, sa parole libre, son intelligence vive, sa capacité à écouter avant de répondre. Il nous manque cette manière singulière d’être à la fois profondément convaincu et profondément ouvert à l’autre.
Jovial, généreux, cultivé, réfléchi, sincère, Amath fut pour beaucoup un grand frère, un ami, un camarade. Mais il fut aussi, pour plusieurs générations de Sénégalais, une véritable bibliothèque vivante de la politique et des luttes révolutionnaires.
Il avait connu, rencontré et écouté les grands acteurs révolutionnaires de son époque. Il avait une connaissance rare des hommes, des idées, des mouvements et des bouleversements qui avaient façonné le monde. Il ne parlait pas de la révolution comme d’un slogan : il en connaissait les espérances, les contradictions, les victoires et les tragédies.
C’est l’une des grandes leçons que la jeunesse politique d’aujourd’hui devrait retenir de lui.
Militer pour la transformation nationale ne consiste pas seulement à prendre la parole, à conquérir une position ou à rassembler des foules. C’est d’abord apprendre, lire, comprendre, écouter, connaître son pays et le monde, confronter ses idées à l’histoire.
Amath savait que la conviction n’est pas l’intolérance.
Ferme dans ses idées, il ne confondait jamais la fermeté avec le refus de l’autre. Il pouvait dialoguer avec les autorités religieuses comme avec les autorités politiques, avec les intellectuels comme avec les artistes, avec les jeunes comme avec les anciens, avec les puissants comme avec les citoyens anonymes.
Son franc-parler avait fini par s’imposer à tous.
Non parce qu’il cherchait à dominer, mais parce que sa parole était portée par une vie de cohérence, de sobriété, de fidélité et d’engagement.
Amath avait cette qualité devenue si rare : il n’avait pas besoin de se mettre au-dessus des autres pour être grand.
Son humilité renforçait son autorité. Son estime pour les autres faisait grandir l’estime que les autres lui portaient. Il possédait surtout une générosité intellectuelle exceptionnelle. Il partageait son savoir, expliquait, racontait, mettait les événements présents en relation avec les grandes évolutions historiques.
Il savait lire le moment politique sans jamais perdre le trend historique.
Cette intelligence historique devrait être une école pour notre jeunesse.
Car une génération qui veut transformer son pays sans connaître son histoire risque de prendre ses impatiences pour des découvertes. Et un leader politique qui ne cultive ni son esprit ni son savoir risque de conduire ses troupes vers le messianisme, la pensée unique et le culte de la personnalité.
Amath détestait profondément le culte de la personnalité.
Il savait qu’une révolution qui dépend d’un homme cesse d’être une révolution pour devenir une croyance autour d’un homme.
La transformation nationale exige au contraire des citoyens instruits, des militants conscients, des organisations solides, une culture politique profonde et la capacité d’accepter la contradiction.
Voilà ce que nous devons transmettre de l’héritage d’Amath : la culture, la mémoire historique, la tolérance, la sobriété, la convivialité, la générosité, l’ouverture d’esprit et cette formidable capacité à rester humain au milieu des passions politiques.
Amath était révolutionnaire sans avoir perdu le goût de la conversation.
Militant sans avoir perdu le goût du rire.
Homme de convictions sans avoir perdu le goût de l’autre.
Homme politique sans avoir cessé d’être simplement un homme.
Les années passent. Les grands leaders passent. Et nous découvrons, souvent trop tard, que certaines présences étaient des trésors.
Amath était un trésor de connaissances, de convivialité, de mémoire, de générosité et d’humanité.
La jeunesse sénégalaise gagnerait à le redécouvrir non comme une statue figée dans l’histoire, mais comme une école vivante du militantisme et de l’engagement.
Apprendre d’Amath, c’est comprendre qu’on peut vouloir changer profondément la société sans haïr ceux qui pensent autrement. C’est comprendre que la révolution commence aussi par la révolution de soi-même : apprendre davantage, penser plus loin, écouter mieux, servir avec plus de désintéressement.
C’est comprendre qu’un véritable leader ne demande pas à être adoré. Il aide les autres à devenir libres, conscients et capables de penser par eux-mêmes.
Il reste tes idées, Amath.
Il reste tes combats, tes histoires, ta parole libre et tes éclats de rire.
Il reste cette manière d’être Sénégalais : sobre, chaleureux, tolérant, profondément attaché à l’autre et à cette terre qui nous porte.
Et puis il reste Saint-Louis. La Langue de Barbarie. Thiaka Ndiaye. Le fleuve. La mer. Cette ville que tu aimais tant et où repose désormais ton corps.
Que Dieu, dans Son infinie miséricorde, t’accueille dans Son Meilleur Paradis.
Les grands hommes ne meurent jamais tout à fait : ils continuent de vivre dans les consciences qu’ils ont éveillées, les intelligences qu’ils ont nourries et les générations qu’ils ont inspirées.
Amath, tu resteras toujours dans nos cœurs.
Professeur Mary Teuw Niane
Dakar, dimanche 23 août 2026
Amath est chemise blanche, debout, au milieu de la photo du premier Comité central du Parti de l’Indépendance et du Travail ( PIT-Sénégal) lors du Congrès de passage à la légalité du Parti africain de l’indépendance ( PAI clandestin) en 1981.








![[ Images] Partenariat Douanes-usagers: Les chauffeurs de taxi reçus par le Directeur général des Douanes](https://directactu.net/wp-content/uploads/2026/08/WhatsApp-Image-2026-08-22-at-02.02.09-1-768x433-1-360x180.jpeg)
![[ Images] Coopération interservices: Le CICO en visite de travail à la Direction générale des Douanes](https://directactu.net/wp-content/uploads/2026/08/WhatsApp-Image-2026-08-22-at-02.01.49-2-768x548-1-360x180.jpeg)
















![[ Vidéo] Kenya : émotion après le crash d’un hélicoptère touristique, 7 morts](https://directactu.net/wp-content/uploads/2026/08/Screenshot_20260822-055640-360x180.png)



![[ Vidéo] RDC: procès FRIVAO, 15 ans de travaux forcés requis contre Constant Kulumba](https://directactu.net/wp-content/uploads/2026/08/Screenshot_20260821-060647-360x180.png)



![[ Vidéo] reportage……..La Jamaïque entre tourisme et criminalité](https://directactu.net/wp-content/uploads/2026/08/Screenshot_20260819-120022-360x180.png)

























