Sacrées championnes du Sénégal pour la deuxième année consécutive et vainqueures de la Coupe nationale, les « Aigles » de la Médina survolent le football féminin sénégalais avec une régularité impressionnante. Ce doublé historique, synonyme de domination, témoigne d’un projet structuré porté par un club ambitieux, profondément ancré dans son quartier populaire de Dakar.
À la tête de cette réussite, Cheikh Tidiane Bâ, président du club, revient pour DirectActu sur une saison exceptionnelle, les retombées de la scène continentale, et les défis à relever pour pérenniser l’élan.
Une performance qui consacre un collectif soudé
« Ce doublé consécutif est le fruit d’un travail de fond, d’un engagement sans faille de nos joueuses, de notre encadrement et du soutien de la Médina », explique Cheikh Tidiane Bâ. Loin d’un exploit ponctuel, ce succès confirme la constance des Aigles au plus haut niveau, une rareté dans le paysage du football féminin sénégalais.
Une première historique en Ligue des Champions de la CAF
En 2024, les Aigles sont devenues la première équipe féminine sénégalaise à atteindre la phase finale de la Ligue des Champions de la CAF. Une étape majeure : « Cette participation a été un tournant. Elle a donné de l’expérience à nos filles, accru notre visibilité et nous a permis de bénéficier d’une prime de 92 millions de FCFA de la CAF. Cela a couvert notre budget annuel. C’est une avancée énorme », confie le président.
Preuve que le football féminin peut aussi être économiquement viable, pour peu qu’il soit sérieusement encadré et soutenu.
Des défis structurels à relever
Malgré les succès, tout n’est pas encore rose. Le club fait face à trois défis majeurs :
Le financement durable, encore trop lié aux résultats ou à des soutiens ponctuels.
Le manque d’infrastructures dédiées, qui freine la professionnalisation.
La structuration du club, notamment avec l’absence d’un centre de formation féminin, d’un encadrement éducatif et d’un accompagnement post-carrière pour les joueuses.
« Beaucoup de nos filles ne deviendront pas des footballeuses professionnelles. Il faut les préparer à devenir des femmes épanouies, insérées socialement. C’est aussi notre responsabilité », insiste Cheikh Tidiane Bâ.
Objectif : consolider, structurer, professionnaliser
Pour les saisons à venir, les ambitions sont claires : conserver la suprématie nationale, briller davantage sur la scène continentale, mais aussi créer un centre de formation féminin, professionnaliser l’encadrement et militer pour une ligue féminine autonome, mieux dotée et reconnue par les institutions sportives.












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