Le Collectif des organisations de la société civile pour les élections (COSCE) a appelé, mercredi, à une réforme du système électoral sénégalais pour permettre une plus grande participation des jeunes, des femmes et des personnes handicapées. Cette déclaration a été faite lors de l’ouverture d’un atelier de consultation et d’échanges organisé avec le soutien financier de l’Union européenne. L’objectif de cet atelier était de discuter des propositions de réformes nécessaires pour surmonter les obstacles freinant la participation politique de ces groupes au processus électoral.
Babacar Fall, secrétaire général du Groupe de recherche et d’appui-conseil pour la démocratie participative et la bonne gouvernance (GRADEC), a souligné l’importance de réformes électorales pertinentes. Selon lui, l’absence d’un cadre juridique clair et consensuel génère souvent des conflits dans la gestion des processus électoraux, notamment en Afrique. Il a insisté sur la nécessité d’améliorer les textes juridiques afin de renforcer la démocratie.
Les participants à l’atelier ont également souligné plusieurs points de vulnérabilité du système électoral sénégalais. Djibril Gningue, coordonnateur du programme ‘’Saxal Jamm’’, a mis en lumière les problèmes liés au fichier électoral, jugé ‘’peu inclusif’’ en raison de l’absence de révision ordinaire durant quatre ans. Il a aussi critiqué la déchéance électorale, qui prive les citoyens condamnés pénalement de leurs droits civiques et politiques, et l’absence d’interconnexion entre le Registre national des personnes physiques et la liste électorale, ce qui empêche certains citoyens d’accomplir leur devoir civique.
Le représentant de l’Union européenne, Christophe Casas, s’est montré optimiste quant à l’intégration des recommandations issues de cet atelier dans les réformes futures du système électoral sénégalais.
La révision ordinaire du fichier électoral, lancée le 1er février et prévue jusqu’au 31 juillet 2025, constitue une étape clé dans cette démarche de réformes pour garantir une meilleure représentativité et inclusion de tous les citoyens dans le processus électoral.