Le mouvement Navétane, qui a jadis forgé de nombreux cadres dans ce pays, est aujourd’hui gangrené par une violence inouïe.Nous, de la génération des années 80, sommes encore nostalgiques de cette grande école qu’a été le mouvement Navétane.
Au-delà des liens de fraternité qu’il créait entre les dirigeants des Associations sportives et culturelles (ASC), ce mouvement a grandement facilité notre socialisation. En effet, il offrait aux enseignants, souvent affectés loin de leur localité d’origine, l’opportunité de revenir chez eux pendant les vacances et de porter assistance à leurs frères de quartier. Il en était de même pour les étudiants, qui s’initiaient à l’enseignement en donnant des cours lors des sessions de vacances organisées par les ASC.
Ce n’était pas tout : chaque ASC se devait d’avoir une troupe théâtrale et, de manière facultative, des athlètes.Les réunions nocturnes de comité directeur parfois houleuses, constituaient des moments au cours desquelles, nos ainés nous indiquaient la voie à suivre.Le mouvement spontané des « set setal » initié par les ASC d’alors était considéré comme un acte civique appréciableDes rencontres culturelles et des veillées inter-ASC au sein d’une même zone se tenaient régulièrement, favorisant ainsi le brassage entre les membres des différentes équipes.
Des réunions d’une grande richesse intellectuelle réunissaient des figures marquantes du mouvement, telles qu’Abdoulaye Sall du Guédiawaye Football Club (GFC), As Babacar Guèye (aujourd’hui membre du parti Rewmi, qui fut mon mentor au niveau de la zone), Bouna Alboury Ndiaye du Rassemblement National Démocratique (RND), feu le magistrat Bassirou (qui était mon poulain, paix à son âme), Montaga Barry de l’ASC Mankoo, Khalifa Diakhaté, excellent praticien et bien d’autres.
C’est dans ces assemblées que nous avons appris à parler en public et à développer notre leadership. Le mouvement Navétane avait avant tout une vocation formatrice. Toutefois, il est évident que le football y occupait une place prépondérante par rapport autres disciplines.Aujourd’hui, nous constatons l’émergence de véritables « fonctionnaires » du Navétane.
Il est temps de repenser l’organisation et le fonctionnement de ce mouvement, qui, à l’origine, était avant tout porté par les étudiants et enseignants en vacances. C’est d’ailleurs de là qu’il tire son nom : Organisme National de Coordination des Activités de Vacances (ONCAV).
Oui, Monsieur le Président de la République, le Navétane doit être strictement circonscrit à une période bien définie, et ses dirigeants doivent être soumis à des mandats limités, permettant ainsi aux jeunes générations d’émerger.Evitons de transformer ce noble mouvement, fondé sur le bénévolat, en un tremplin opportuniste vers des postes et des ambitions personnelles.
Mamadou Moustapha SEYE Responsable Administratif et Financier du PROCASEF-
Ancien secrétaire général de l’ASC JAPPPO SAM-
Ancien secrétaire général adjoint de la Zone 3-
Ancien vice-président de la Zone 4/A de Guédiawaye.
