Le ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, Abdourahmane Diouf, a invité le législateur à se conformer à la demande sociale croissante en matière de reconnaissance des langues nationales au Sénégal. Lors de sa participation aux rencontres littéraires en wolof ‘’Péncum maam Yunus Jen, li xalimay wax’’, le ministre a souligné la nécessité pour l’État de faire en sorte que le français, le wolof et les autres langues nationales aient une égale importance dans le débat législatif.
Diouf a fait valoir que la société sénégalaise, désormais en avance sur les institutions, exige que les langues nationales soient reconnues de manière formelle dans les débats parlementaires. Il a illustré ses propos en se rappelant de son passage à l’Assemblée nationale pour défendre le budget 2024-2025 de son département, où il a dû recourir au wolof en raison de la forte demande sociale et même au sein de l’Assemblée.
Le ministre a également rappelé l’introduction du système d’interprétation simultanée numérique à l’Assemblée nationale depuis 2014, qui permet désormais une traduction automatique, facilitant l’utilisation des langues nationales lors des débats.
Abdourahmane Diouf a insisté sur l’importance de l’adaptation des politiques aux réalités sociales, affirmant que la société sénégalaise, en parlant massivement le wolof, constitue un atout pour le pays, car elle permet une meilleure compréhension des débats législatifs, y compris des sujets complexes comme la Constitution ou les lois pénales.
Soucieux de promouvoir la langue nationale, Diouf a aussi annoncé qu’il recevrait les partisans de la création d’une Académie des langues nationales pour discuter des réformes nécessaires et donner une nouvelle dimension à ces langues au sein de la République sénégalaise.
Le ministre a enfin salué l’introduction des langues nationales dans l’enseignement préscolaire et primaire, qui a été mise en place dans 13 académies depuis la rentrée scolaire 2024-2025, comme un pas important vers la promotion et la pérennisation des langues sénégalaises.
Le combat pour la reconnaissance des langues nationales s’inscrit ainsi dans un processus plus large de modernisation de l’État et d’adaptation des lois aux réalités de la société sénégalaise.