Dakar, août 2026 — La transformation numérique de l’état civil sénégalais franchit une nouvelle étape avec la poursuite du plan national de remédiation consacré à la digitalisation des centres d’état civil. Cette démarche, portée par l’Agence nationale de l’état civil (ANEC), vise à accélérer le déploiement du Logiciel de Gestion des Faits d’État Civil (LGEC), à renforcer l’utilisation de la plateforme SAMA ÉTAT CIVIL et, plus largement, à améliorer la qualité, la disponibilité et la fiabilité des données d’état civil.

Une remédiation fondée sur des indicateurs mesurables
La remédiation nationale ne se limite pas à une opération de déploiement informatique. Elle repose sur une logique d’amélioration continue des processus, combinant diagnostic territorial, accompagnement des acteurs, déploiement des outils numériques, formation et suivi des performances.
Les données de pilotage disponibles au 13 juillet 2026 faisaient état de 629 centres d’état civil, dont 471 centres digitalisés avec le LGEC, soit 75 %, tandis que 158 centres, soit 25 %, restaient à digitaliser. La plateforme SAMA ÉTAT CIVIL affichait parallèlement un taux d’activation de 43 % pour les demandes en ligne.
Le système national comptait également 15 352 830 actes centralisés dans le Registre national de l’état civil (RNEC) et 3 695 agents et officiers formés.
Ces indicateurs constituent une base scientifique et opérationnelle pour mesurer l’évolution de la réforme. Ils permettent notamment de distinguer trois dimensions complémentaires : la couverture numérique des centres, l’usage effectif des services numériques et la consolidation des données d’état civil.
Kaolack : une nouvelle séquence opérationnelle
Dans cette dynamique, une nouvelle phase de remédiation est engagée dans la région de Kaolack du 10 au 20 août 2026.
L’intervention porte prioritairement sur le déploiement du LGEC et sur l’activation de la plateforme SAMA ÉTAT CIVIL dans les centres concernés. L’objectif est de transformer progressivement les infrastructures et équipements disponibles en services numériques effectivement opérationnels et utilisés par les populations.
Cette approche est essentielle : la digitalisation ne peut être évaluée uniquement à partir du nombre de centres équipés. Elle doit également prendre en compte la capacité des agents à utiliser les outils, la régularité de la saisie, la qualité des données produites, l’accessibilité des services et la capacité du système à répondre aux besoins des citoyens.
La remédiation constitue ainsi une démarche de mise à niveau et de consolidation, permettant d’identifier les écarts entre le déploiement théorique d’une solution et son fonctionnement réel sur le terrain.
Une progression territoriale vers Kaffrine et Tambacounda
Après cette séquence à Kaolack, la dynamique de remédiation se poursuivra progressivement vers les régions de Kaffrine et de Tambacounda.
Cette progression territoriale traduit une volonté de l’ANEC d’adopter une méthode graduelle, permettant d’accompagner les centres en fonction de leur niveau de préparation, de leurs contraintes techniques et organisationnelles et de leurs besoins spécifiques.
Le choix d’un déploiement progressif permet également de capitaliser sur les enseignements tirés des interventions précédentes. Chaque phase contribue ainsi à améliorer la méthodologie d’intervention, à renforcer les compétences des équipes et à fiabiliser les données produites par le système d’état civil.
Le Sud inscrit dans la trajectoire du quatrième trimestre 2026
La poursuite du processus est également programmée dans le Sud du Sénégal au quatrième trimestre 2026.
Cette étape devra contribuer à réduire progressivement les disparités territoriales en matière de digitalisation et à renforcer l’homogénéité du système national d’état civil.
L’enjeu est particulièrement important dans une approche de politique publique fondée sur la donnée : un système national performant suppose que les données produites dans les différents territoires répondent à des standards communs de qualité, de sécurité, de traçabilité et d’interopérabilité.
De la digitalisation à la qualité de la donnée
La transformation numérique de l’état civil ne constitue pas une finalité en soi. Elle doit permettre de construire un système plus fiable, plus rapide et davantage orienté vers les besoins des citoyens et de l’administration.
Le LGEC constitue à ce titre un instrument central pour moderniser la gestion des faits d’état civil, tandis que SAMA ÉTAT CIVIL ouvre une nouvelle perspective en rapprochant les services administratifs des usagers à travers les demandes numériques.
Le RNEC joue, quant à lui, un rôle stratégique dans la centralisation et la valorisation des données d’état civil. La convergence de ces différents dispositifs crée les conditions d’un système capable de produire des données utiles à la planification publique, à l’identification des populations et à la protection des droits.
Une démarche de pilotage par la performance
L’avancement de la remédiation nationale traduit une évolution importante dans la gouvernance de l’état civil : le passage d’une logique centrée principalement sur les moyens à une logique davantage orientée vers les résultats et l’impact.
Les indicateurs de digitalisation, d’activation des plateformes, de centralisation des actes et de formation des ressources humaines permettent de construire un tableau de bord dynamique du processus de transformation.
Cette approche favorise une prise de décision fondée sur les données et permet d’identifier rapidement les territoires nécessitant un accompagnement supplémentaire.
À terme, l’ambition est de disposer d’un système d’état civil entièrement numérisé, interconnecté, sécurisé et accessible, capable de produire des données fiables pour l’administration tout en garantissant aux citoyens un accès plus simple et plus efficace à leurs droits.
Une transformation au service de la souveraineté numérique
La modernisation de l’état civil dépasse donc le seul cadre administratif. Elle constitue un enjeu de souveraineté, de gouvernance publique et de protection des droits fondamentaux.
Chaque acte enregistré et correctement sécurisé contribue à établir l’identité juridique d’une personne. Chaque donnée fiabilisée améliore la capacité de l’État à planifier ses politiques publiques. Chaque service numérisé réduit les contraintes liées aux déplacements et améliore l’accès des citoyens à l’administration.
La progression actuelle — de Kaolack vers Kaffrine et Tambacounda, puis vers le Sud au quatrième trimestre 2026 — s’inscrit ainsi dans une trajectoire nationale de transformation progressive et mesurable.
L’objectif n’est plus seulement de digitaliser l’état civil, mais de construire un système d’état civil numérique performant, fiable, inclusif et durable, au service de chaque Sénégalais.
Matar NDAO DG ANEC




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